Il est encore trop tôt pour savoir quand exactement ces journées auront lieu. Cependant, la forte majorité obtenue lors du référendum donne à l’exécutif syndical le pouvoir d’agir rapidement. Des actions pourraient être entreprises dès cette semaine afin d’accélérer le processus de négociations. «On est en discussion pour savoir ce que les membres veulent, affirme John G. Kingma, président du SPUL. Les discussions portent à savoir quand nous allons utiliser ces journées. On espère convaincre l’employeur de revenir à la table des
négociations».

Malgré l’importance du référendum, à peine 55% des membres du SPUL ont exercé leur droit de vote. Des 1156 membres qui composent son effectif, 638 se sont rendu aux urnes. Plus tôt la semaine dernière, les 450 membres présents lors de l’assemblée générale avaient rejeté à 99% les dernières offres patronales. Au même moment, 94% d’entre eux donnaient le mandat à l’exécutif d’organiser les moyens de pressions. La charte syndicale exigeant que les décisions se prennent à 50% plus un, la tenue d’un référendum a été rendue nécessaire.

L’administration réagit
Pour la première fois depuis le 12 septembre, l’Université a réagi face à la menace de grève de ses professeurs. Par le biais de la boîte de messagerie Agora, l’administration lavalloise a fait savoir qu’elle espérait que les négociations reprennent et débouchent sur une entente. La directrice des affaires publiques, Hélène Côté, n’a cependant pas voulu commenter le mandat confié au SPUL : «On n’a pas vraiment de commentaires. Nous ne négocions pas sur la place publique.  L’Université étudie la situation et avertira les étudiants sur les différents scénarios possibles en temps et lieu. Mais l’Université Laval réitère son souhait d’en venir à une entente. […] Pour qu’il y ait une entente, on doit parler.»

Selon Jonh G. Kingma, «c’est à l’Université de proposer quelque chose». Pour rattraper la moyenne salariale des collègues de l’Université de Montréal et de Sherbrooke, le syndicat réclame, entre autres, une hausse salarialé de 6%, alors que l’administration lavalloise offre la moitié. Le plancher d’emploi, nombre minimum de professeurs que l’administration consent à conserver, est également un autre point d’achoppement des négociations. Alors que l’Université aimerait diminuer ce plancher en le faisant passer de 1190 à 1180, le SPUL réclame plutôt de son employeur qu’il engage plus de professeurs: «L’Université veut plus de professeurs, mais ne veut pas en engager», exprime M.Kingma. Depuis 1997, le ratio d’élèves par professeurs est passé de 18 à 23.

En 2004, les négociations entre les deux partis pour le renouvellement de la convention collective avaient aussi conduit le SPUL à voter pour des journées de grève intermittentes. Syndiqués et employeur avaient trouvé un terrain d’entente quelques jours après que les professeurs aient décidé d’augmenter le nombre de journées consacrées aux moyens de pression.