Les lecteurs d’Impact Campus auront sûrement pris note de la polémique ayant entouré la publicité à l’endos de notre journal du 3 février dernier. Je ne reviendrai pas sur cette affaire, puisque nous nous sommes expliqués clairement la semaine dernière. Le dossier est clos. Néanmoins, je réagirai à une question qu’ont posée Martin Blais et Richard Huot dans une lettre ouverte parue dans l’édition du 10 février  : « L’argent est-il devenu à ce point nécessaire que tout le volet éthique du journal ait complètement disparu ? ». Les auteurs ne savent pas à quel point cette question est pertinente.

Effectivement, l’argent nous oblige à jongler entre éthique et revenus. Je ne cacherai à personne que la situation financière d’Impact Campus est difficile : pas catastrophique, mais difficile. Selon l’exercice comptable 2007-2008, la vente de publicité représente 80% de nos revenus. Le problème est que, depuis quatre ou cinq ans, la vente de publicités est en décroissance constante. De plus, plusieurs de nos créanciers ont fait faillite au cours de la dernière année et la conjoncture économique actuelle n’est pas idéale pour prévoir une embellie financière. Les cotisations d’un dollar des étudiants de premier cycle et de 50 cents pour les étudiants des deuxième et troisième cycles ne sont pas suffisantes. L’ensemble de ces variables sont à l’origine de la situation financière précaire d’Impact Campus. Pour autant, il est clair que l’aspect éthique ne doit pas être évacué, puisque nous avons, nous aussi, des valeurs et des principes profonds.

Bien sûr, nous ne sommes pas le seul média à être touché par la crise de la presse écrite. Et pas le premier journal étudiant non plus. En effet, nos confrères du journal Le Front de l’Université de Moncton, sont dans une situation où leur survie à titre d’hebdomadaire est en jeu. Selon Justin Robichaud, vice-président académique de la FÉÉCUM ( Fédération des étudiantes et étudiants du centre universitaire de Moncton ), « le C.A. [du journal Le Front] pourrait avoir des décisions difficiles à prendre », à la suite d’un sondage, qui a pour but de  « voir si les médias étudiants sont assez populaires pour être sauvés. » L’une de ces décisions serait de transformer Le Front en bimensuel. Toutefois, la FÉÉCUM tente de trouver des solutions pour subvenir aux besoins des médias étudiants de l’Université ( radio et journal ) et propose de créer « un frais média séparé de la cotisation et des frais de scolarité », d’une valeur de 20$ par année. Les étudiants sont-ils prêts à verser une pareille somme pour aider à la survivance de leurs médias ?

Pour nous, étudiants, cette affaire devrait nous amener à réfléchir, afin d’anticiper une situation qui pourrait nous toucher. Devrons-nous aussi faire un sondage pour savoir si CHYZ et nous-mêmes « valons le coup » de poursuivre nos activités ? En arriver à un tel extrême serait désolant, sachant que le mandat des médias lavallois est de couvrir l’entièreté des évènements se déroulant sur le campus, et ce, par et pour les étudiants. C’est notre seule raison de vivre. Sans la présence des médias universitaires, plusieurs affaires en relation avec l’Université seraient passées inaperçues, tel que celle du recyclage en 2007 et celle du déficit du budget de l’Université fin 2008. Si l’intérêt des étudiants à notre endroit, et à celui de l’actualité lavalloise, devait faire défaut, c’est notre disparition assurée. Alors, la réflexion à engager est simple : en tant qu’individu faisant partie d’une entité commune, voyons-nous encore une raison à l’existence de nos médias et jusqu’où sommes-nous capables d’aller pour les sauver ?