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Ils étaient plusieurs centaines à braver le froid mordant samedi dernier pour se recueillir en mémoire des victimes des attentats de Paris. Parmi les nombreux Français réunis devant le Consulat général se trouvaient des étudiants à l’Université Laval.

Avec la collaboration de Margaud Castadère-Ayçoberry

L’étroite rue Saint-Louis rappelait les rues parisiennes, ébranlées vendredi soir par les attaques qui ont fait plus d’une centaine de victimes et encore plus de blessés. La foule massée était silencieuse et endeuillée. Une bannière était déposée devant le Consulat sur laquelle plusieurs ont rédigé quelques lignes d’espoir et de paix. Des lampions et des bouquets de fleurs jonchaient également les escaliers devant l’édifice.  

Des dizaines d’étudiants français se serraient dans les bras, alors que quelques-uns avouent se sentir loin « de la maison » et de leurs proches. « C’est pas évident, car on aimerait être en France pour soutenir les autres », confie Rosalie, étudiante française en échange à l’Université Laval pour la session d’automne. Sa colocataire, Adèle, elle aussi française, renchérit en expliquant la nécessité de se réunir : « On a appris la nouvelle ensemble hier [vendredi]. Face à la peur, on a besoin de se rassembler pour se soutenir. C’est aussi un message de solidarité, pour nous et ceux qui sont en France. »

Ces paroles font écho à celles d’Aline, étudiante française à l’INRS. « Au départ, c’était difficile, mais on se rend compte qu’une solidarité se met en place et que la compassion nous entoure », avoue celle qui demeure à Québec depuis un an et demi.

« Je me revois dans une salle de concert », imagine Solène Dannemüller, une Grenobloise d’origine. « Mais ce n’est juste pas imaginable des trucs comme ça », convient-elle ensuite.

Les souvenirs de Charlie sont dans toutes les mémoires, pas si lointaines que cela. « Je ne suis pas venu en janvier pour Charlie Hebdo, pour des raisons professionnelles. Je me suis senti coupable, se rappelle Mathieu. […] Il faut se réunir pour dire qu’on sera toujours là les uns pour les autres. Il faut rêver à un monde meilleur en se rassemblant. »

Ce besoin de se rassembler est aussi présent chez les Québécois présents à la vigile, samedi. Xavier Juneau, étudiant québécois en enseignement de l’anglais, partage cet élan de compassion et de solidarité : « Ça peut arriver n’importe où. Je pense que c’est la moindre des choses de se réunir, de regarder vers le futur. Il ne faut pas perdre notre humanité devant ces événements qui terrorisent les gens. »

Personnalités politiques nombreuses

De nombreux acteurs politiques étaient présents pour offrir leur soutien au Consul général, Nicolas Chibaeff. Le Premier ministre, Philippe Couillard, le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, ainsi que les maires de Québec et de Montréal, Régis Labeaume et Denis Coderre, ont pris la parole. Tous ont tenu à rappeler les valeurs de liberté et de démocratie qu’ils défendent.

Des députés fédéraux de la région de Québec étaient aussi parmi les citoyens rassemblés. Le nouveau député de Louis-Hébert, Joël Lightbound, s’est dit « bouleversé » et « attristé » par les événements. « Pour plusieurs Québécois, Paris c’est comme notre ville d’accueil en Europe. […] C’est pour offrir notre solidarité et être en recueillement avec nos cousins français que je suis ici », a-t-il déclaré solennellement.