La campagne électorale qui s’est terminée hier était étrange. Les chefs ont rivalisé de bassesse et ont convié les Québécois à un rendez-vous électoral un peu contre leur gré. En effet, à peine 18 mois après le dernier scrutin provincial, le déclenchement de cette campagne n’aidait en rien le cynisme ambiant.

Nous sommes donc allés à la rencontre de ceux qui font la campagne électorale et qui la vivent durant un mois intense : toutes des personnes qui croient que leur travail personnel pourrait aider à faire un meilleur Québec.

Des personnes qui veulent offrir un brillant avenir au Québec et le faire avancer à grands coups d’espoir.

Il y a beaucoup plus d’appelés que d’élus dans le jeu politique. C’est donc afin de comprendre pourquoi certains décident tout de même de faire le saut que nous sommes allés à la rencontre de quatre candidats dans la circonscription de Jean-Lesage.

Cette circonscription de la région de Québec englobe le quartier Limoilou ainsi qu’une petite partie de Charlesbourg et de Beauport.

 

Québec Solidaire

Sébastien Bouchard, candidat de Québec Solidaire, nous avait donné rendez-vous à la Fournée Bio, une boulangerie artisanale de la 3e avenue. L’horaire de l’après-midi était serré. Après avoir mangé en vitesse, nous avons profité du fait que son attaché de presse allait chercher le Communauto pour aller à la rencontre des citoyens dans la rue.

« Connaissez-vous Mme David et Québec Solidaire ? », demande-t-il en abordant les passants. Pas question d’attendre l’auto dans la boulangerie, il ne reste que quatre jours à la campagne et chaque poignée de main compte.

Nous profitons du voyage en auto en direction des studios de MaTv pour discuter un peu. Pour M. Bouchard, la politique est l’extension de son implication dans sa communauté.

 

Coalition Avenir Québec

« Mme Foster vous attendra à la halte-bouffe des Promenades Beauport à 11h30 », nous a expliqué une employée de la CAQ. C’est donc entre le Valentine et le Ashton de ce centre commercial de la couronne nord de Québec que nous sommes allés à la rencontre de cette candidate.

Émilie Foster est chargée de cours en communication à l’Université Laval. À ce titre, prendre congé durant la campagne aurait signifié l’abandon de ses étudiants. Elle a donc continué à offrir son cours et à être disponible à tous ses étudiants.

La CAQ, Mme Foster y croit : « Nous sommes tous les deux membres fondateurs de la CAQ, dans les mille premiers », explique-t-elle avec enthousiasme.

 

Parti québécois

Pierre Châteauvert est le fier représentant de la 5e génération de Châteauvert à Limoilou et son quartier, il le connaît! Alors que nous lui parlons devant l’ancienne caserne de la 5e rue, plusieurs personnes l’interpellent et le saluent.

Il est arrivé deuxième à la dernière élection, 651 voix derrière le libéral. Une défaite crève-coeur qu’il met sur le dos de la machine libérale. Mais cette fois, il est prêt à faire sortir le vote.

Nous devions rencontrer l’équipe de M. Châteauvert à son local de campagne sur le boulevard Charest, mais le plan a été chamboulé par l’arrivée de Pierre Karl Péladeau, venu faire un point de presse avec Agnès Maltais dans le comté de M. Châteauvert.

M. Châteauvert, malgré la position du PQ dans les sondages, est assez confiant d’obtenir l’appui des citoyens de Jean-Lesage. Mme Maltais l’a dit et répété devant les médias durant le point de presse en enlaçant M. Châteauvert par les épaules : « Je vous garantis que je ne serai plus la seule député péquiste de la région de Québec ».

 

Option nationale

Nous avions rendez-vous au local électoral d’Option nationale tôt le matin. Une centaine de bénévoles étaient attendus dans le comté, histoire d’offrir un dernier blitz de campagne à leur chef.

La journée s’annonçait maussade, et trois bénévoles lisaient le journal en commentant les derniers sondages dans lesquels ON n’apparaissait même pas. Préoccupé, un bénévole va déneiger l’entrée, visiblement pour se changer les idées, « Je vais évacuer le pessimisme avant que les gens arrivent », lance-t-il sur un ton se voulant blagueur, mais qui en dit long.

L’arrivée de Sol Zanetti change l’ambiance du tout au tout. Le dynamique chef est visiblement d’attaque et prêt à aller rencontrer les électeurs. C’est d’ailleurs ce qu’il fera tout l’avant-midi. « Bonjour, je me présente aux élections », dit-il en abordant les gens.

Visiblement, il aime parler aux gens et il leur parle longtemps. Évidemment, son thème favori est la souveraineté. Aux Galeries de la Canardière, les réactions envers le projet de pays sont mitigées. Qu’à cela ne tienne, M. Zanetti prend le temps d’expliquer sa plateforme ainsi que l’avenir que son parti envisage pour le Québec.

Parti libéral du Québec

Le candidat du PLQ dans le comté de Jean-Lesage, André Drolet, a refusé de nous accorder une entrevue. Nous avons toutefois assisté à un événement partisan du PLQ à l’invitation du parti.

C’est là que j’ai compris pourquoi le PQ avait besoin d’un metteur en scène dans son équipe. Le PLQ en aurait plus besoin!

Ils placent le monde à l’avant des caméras, histoire de faire croire que la salle est comble….Tout est arrangé. 10 tabourets sur la scène avec des «citoyens» offrant un «témoignage» écrit sur un morceau de papier.

La recette est simple; une petite histoire personnelle, un problème ou une frustration, qui se rattache par la suite à une promesse libérale.

Après leur petite prestation, deux ou trois candidats se dirigent vers la scène à grands coups de vraies affaires. L’image est là : les candidats derrière la population.

Une fois toutes les petites histoires passées et tous les candidats sur la scène, il ne manque qu’une seule personne.

Les matantes regardent par-dessus l’épaule de leur mari pour entrapercevoir le chef qui se tient à l’arrière en attendant d’être annoncé.

Roulement de tambour et battements de mains en cadence pour annoncer le chef.

Quand les gens battent des mains en cadence, ce n’est pas parce qu’une grande émotion les envahit.

Ces militants et candidats libéraux, tout comme ceux de tous les partis, sont là afin d’appuyer leur équipe politique. Certains aimeraient faire carrière et d’autres sont là pour se faire des contacts.

Ce qui rattache toutefois tous les candidats que nous avons rencontrés est leur grande bonne foi et leur envie réelle de faire du Québec une meilleure place. La destination et le moyen de s’y rendre sont différents d’un candidat à l’autre, mais la volonté est au final la même.