Devenu très populaire dans le monde, le concept d’échange de regards s’est transporté le temps d’une journée sur le Grand Axe de l’UL mercredi. En début d’après-midi, près de 200 personnes se sont réunies pour contempler l’autre et favoriser le dialogue avec l’inconnu. Le tout a été organisé par Youman, un organisme humanitaire fondé par un étudiant. 

Quotidiennement, des milliers de personnes circulent sur le campus et en font l’un des lieux les plus condensés de la ville. Parfois isolés, les membres de la communauté universitaire auraient besoin de plus d’exercices rassembleurs comme l’échange de regards, selon le fondateur de Youman, Raphaël Tremblay-Bouchard. « Ça permet de réchauffer nos cœurs, de voir l’autre dans un contexte où nous sommes de plus en plus froids l’un envers l’autre », avoue-t-il.

Plusieurs échanges de regards se sont déjà produits à Québec, au carré d’Youville par exemple, mais il s’agissait d’une première à l’UL. Un choix logique pour l’étudiant en administration qui souligne que l’ambiance des campus est idéale à cette proximité entre les jeunes. « Je voulais le faire ici, parce que notre génération devra faire face à des défis importants sur le plan humain, lance-t-il. J’ai voulu nous unir là-dedans. »

Sur le campus, plusieurs services de soutien existent pour venir en aide aux étudiants en détresse psychologique. L’échange de regards peut être complémentaire à cette solidarité et peut contribuer à la diminution de l’angoisse. « Plusieurs ont besoin de cette présence et, si ça peut aider de faire voir qu’il y a des gens près d’eux, la mission sera accomplie », poursuit Raphaël.

Agir avec son coeur

Opérationnel en français et en anglais, Youman est un mouvement humanitaire fondé il y a quelques mois. Il se traduit par la vente de vêtements « éthiques et écologiques » et vise à développer un sentiment d’appartenance à la marque. Son but : unir la collectivité sous un même message, celui d’agir avec son cœur, pour soi-même et pour les autres. « Selon moi, l’humain fonctionne avec les connexions, la loi naturelle de l’amour, exprime le jeune entrepreneur. Quand on s’unit, tout devient possible. »

Réunissant des centaines d’adeptes sur les réseaux sociaux, l’organisme fait beaucoup parler de lui depuis son lancement. L’équipe souhaite éventuellement propager ses valeurs de fraternité et d’ouverture à l’échelle de la planète. « Quand on s’attarde aux tensions culturelles dans le monde, on réalise que ça se réglerait par des simples regards, raisonne le futur bachelier. Plus qu’une façon de sortir de notre quotidien, ça devient un moyen de pression. »

Surpris par la quantité de gens qui se sont déplacés mercredi, Raphaël mentionne que jamais il ne se serait attendu à autant d’émotions. Toutes les attentes ont donc été comblées. « J’ai vu des gens pleurer et avoir besoin des autres et ça m’a confirmé que je faisais la bonne chose, admet-il. Ça a suscité la curiosité, il y avait beaucoup de rotations et l’ambiance était fantastique. »

« Youman se base sur le fait qu’on doit agir pour la planète et les autres avant de penser à son propre profit économique. Je crois que si on établissait un monde sur ces valeurs, le portrait de notre situation changerait à jamais ». -Raphaël Tremblay-Bouchard

Ce qui s’en vient

Au cours des prochains mois, la jeune entreprise poursuivra des efforts d’expansion en ligne. Le développement d’une plateforme de distribution pour tous les produits est déjà dans les cartes. « À moyen-terme, on aura un site, les premiers vêtements écologiques seront lancés et on continuera d’amener plusieurs autres évènements », assure le jeune homme de 22 ans.

Un programme d’ambassadeurs pourrait être mis sur pied cette année. Il réunirait des gens passionnés par les enjeux concernant les jeunes, comme l’environnement et le contact humain, à travers une série de conférences.

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