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L’année scolaire vient peut-être tout juste de commencer, mais voilà presqu’un mois déjà que les élections fédérales ont été déclenchées. Toutefois, rares sont les étudiants qui se sentent interpellés par cette campagne électorale.

Afin de mesurer l’intérêt des étudiants de l’Université Laval pour les élections, Impact Campus en a rencontré une vingtaine sur le campus. Les réponses obtenues montrent que ce rendez-vous électoral est loin d’être leur priorité numéro un.

Si Stephen Harper avait eu comme objectif de raviver l’intérêt des jeunes envers la politique fédérale, il aurait vraisemblablement perdu son pari puisque la majorité des étudiants interrogés a avoué ne pas suivre activement la campagne jusqu’à présent.

Certains d’entre eux ont d’ailleurs affirmé que ce n’était pas la meilleure idée de déclencher des élections au tout début du mois d’août. Une campagne qui aurait débuté dès la rentrée des classes aurait pu attirer plus l’attention des jeunes, selon les personnes questionnées.

Les étudiants sont donc bien au courant que les élections sont en cours. Cependant, elles ne résonnent pas encore dans leur tête, du moins pas suffisamment pour qu’ils y accordent un intérêt particulier.

Des enjeux très diversifiés

Bien que les étudiants se sentent peu interpellés par le scrutin, ils ont toutefois des idées bien précises sur les enjeux qui devraient être au cœur de la campagne. L’environnement et le développement économique figurent parmi ceux qui se retrouvent en tête de liste.

Plusieurs étudiants souhaitent d’ailleurs élire un gouvernement qui se soucie vraiment des enjeux environnementaux et de la lutte contre les changements climatiques.

Maxime Barbeau, étudiant à la maîtrise en économie, affirme « qu’il est temps pour le gouvernement de comprendre qu’il est possible de conjuguer développement économique et écologique, comme le font certains pays en Europe ».

La question de la place du Québec au sein du Canada a souvent été relevée par les étudiants interviewés. Un bon nombre d’entre eux trouve que le Québec est un sujet peu abordé jusqu’à maintenant durant la campagne électorale.

Parmi ceux-ci, on retrouve Fabien Imhof-Lavallée, étudiant en science politique. Ce dernier croit que si les chefs politiques parlaient davantage de la vraie vision du Québec, cela démontrait toutes les divergences d’intérêts qui existent entre les Québécois et le reste du Canada.

Vers une vague orange nationale?

Le plus récent sondage mené par Forum Research montre que le NPD est en bonne position pour remporter ces élections et former peut-être un gouvernement majoritaire.

Même si cette idée enchante beaucoup d’étudiants qui souhaitent voir le parti de Thomas Mulcair porté au pouvoir, la majorité d’entre eux réserve leur enthousiasme à plus tard.

Par ailleurs, selon une étudiante en droit qui a demandé à garder l’anonymat, une éventuelle victoire des néo-démocrates peut être très envisageable notamment parce « qu’il va être difficile pour le Parti conservateur de revenir au pouvoir, car il n’a pas l’appui du Québec et il semble perdre celui de l’Ontario et de l’Alberta. Sans ces trois provinces, il a perdu d’avance. »

Quelques statistiques

Intentions de vote des Canadiens au 28 août 2015* :
Nouveau Parti démocratique (NPD) : 40%
Parti libéral du Canada (PLC) : 30%
Parti conservateur du Canada (PCC) : 23%

Taux de participation aux élections fédérales chez les 18-24 ans** :
2011 : 38.8%
2008 : 37.4%
2006 : 43.8%
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* Forum Research, http://poll.forumresearch.com/post/1364/conservatives-tumble-to-third-place/
** Élections Canada

Jean-Frédéric Moreau