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On en retrouve des dizaines de milliers aux États-Unis. Bien qu’elles soient beaucoup moins nombreuses de notre côté de la frontière, les fraternités et les sororités existent aussi à l’Université Laval. Impact Campus explore ce milieu peu connu de la communauté étudiante.

Les fraternités et sororités comme on les voit dans les films existent bel et bien sur le campus. Ce phénomène plutôt anglo-saxon est arrivé à Québec il y seulement quelques années. Un nouveau chapitre de Zeta Lambda Zeta, première sororité francophone internationale, a vu le jour en 2013. À ses débuts, elle comptait six membres. Aujourd’hui, elle en dénombre 18 et est affiliée à la fraternité Sigma Theta Pi. Les deux associations sont indépendantes, mais se regroupent lors d’événements et d’activités.

Une vision partagée

Leur mot d’ordre : philanthropie et excellence académique. L’adhésion à l’un de ces clubs sélects nécessite d’être motivé et enclin à s’impliquer au sein de la société. « Le but, selon Émilie Tourangeau, coprésidente et membre fondatrice, c’est d’intégrer les gens à la vie universitaire. »

Contrairement à ce que dépeignent certains films hollywoodiens, les filles de Zeta Lambda Zeta ne vivent pas dans une luxueuse maison et ne font pas la fête tous les soirs. D’après Marie-Pier Marceau, coprésidente et membre fondateur, la sororité est plus axée sur la relation qu’il y a entre les sœurs. « L’objectif est de se connaître sur une longue période », partage Émilie. Les filles ont un désir commun : bâtir une belle relation à long terme et être présentes pour les autres. « Une sœur, c’est pour toujours », rappelle quant à elle Marie-Pier.

La fraternité masculine Sigma Theta Pi partage les mêmes considérations que sa consœur. L’amitié et le leadership figurent aussi parmi les valeurs phares de l’institution.

Pour les membres, la principale mission est de s’impliquer auprès d’organismes de leur milieu en organisant des évènements et des levées de fonds. « On essaie de s’associer à ce qu’il y a autour du campus pour se faire connaître, pour avoir plus de moyens, plus de visibilité », explique Marie-Pier. Des séances d’étude et des activités sportives sont aussi offertes aux filles afin de les encourager à bouger.

En plus de rencontrer des gens rapidement, faire partie d’une sororité ou d’une fraternité permet d’acquérir un bon réseau de contacts. Les gens de tous les programmes sont invités à se joindre à la « soro » ou à la « frat ». Les membres peuvent côtoyer des gens de différents domaines et ainsi ne pas se restreindre aux cercles sociaux tracés par les programmes d’étude de chacun.

Prouver sa volonté

À la suite du recrutement, les nouveaux « pledges » doivent être prêts à donner un peu de leur temps. La première session se nomme le « pledging », période durant laquelle ils prouvent qu’ils peuvent devenir un membre de la « soro ». Il y a une liste de tâches à faire… Toutefois, ce n’est « rien de bien compliqué. Toutes les filles sont passées à travers », affirme Émilie. Par la suite, la participation à certains évènements et levées de fonds est obligatoire.

Le recrutement se déroulera pendant les deux prochaines semaines. Une soirée d’information aura lieu au divan rouge du Pub universitaire ce jeudi 10 septembre. Les coprésidentes de Zeta Lambda Zeta encouragent les étudiants à venir les rencontrer et poser toutes les questions qui piquent la curiosité. Selon les organisatrices, cette soirée est un moyen de voir l’ambiance qu’il y a entre les membres et qui n’engage à rien.

Pour les garçons, la fraternité Sigma Theta Pi tiendra deux séances d’information, qui auront lieu les 8 et 11 septembre à 19 h au Pub universitaire.

Petit lexique des fraternités et des sororités

Affiliation : lien qui existe entre une fraternité et une sororité sur le plan des activités sociales et du réseautage

Alumnae : ancien membre. Après leurs études, les membres d’une fraternité/sororité deviennent alumnae et n’ont pas les mêmes obligations.

Bid night : soirée durant laquelle sont nommés les candidats admis en tant que pledges dans la fraternité/sororité.

Chapitre : entité locale d’une fraternité/sororité. Il s’agit d’une division de celle-ci.

Fraternité (abr. Frat) : association regroupant des membres de sexe masculin qui se considérant comme des frères. Ils partagent des valeurs semblables.

Pledge : candidat en période d’essai

Pledging : période d’essai. Processus durant lequel les pledges doivent participer à certaines activités et réaliser quelques tâches afin de démontrer leur motivation à faire partie de la fraternité/sororité.

Rush : période de recrutement

Sororité (abr. Soro) : association regroupant des membres de sexe féminin basée sur des valeurs communes. Elles deviennent des sœurs après leur période d’essai.

Il était une fois

Une première fraternité est née en Virginie dans la ville de Williamsburg le 5 décembre 1776. Celle-ci avait le nom de Phi Beta Kappa. Quelques étudiants ont désiré former une société secrète. Leur devise : « Love of wisdom, the guide of life [L’amour de la sagesse, le guide de la vie] ». Par la suite, des chapitres ont été créés dans certaines universités reconnues des États-Unis. Ce n’est qu’en avril 1867 qu’on verra apparaître la première fraternité de femmes, nommée plus tard Pi Beta Phi. Cependant, le mot « sororité » ne sera associé qu’en 1874.