Mais oubliez les fraternités telles que vous les avez vues dans les films américains. Sigma Theta Pi n’est pas une maison de débauche où seuls les joueurs de l’équipe football et les copines de joueurs de football peuvent s’y intégrer. 

«Nous n’avons pas la même approche que les fraternités américaines», lance d’entrée de jeu le président international du regroupement, Julien Caudroit V. «On a créé une organisation hybride du modèle américain et du modèle plutôt européen», ajoute-t-il.

Sigma Theta Pi souhaite se distancer de l’image péjorative liée aux fraternités. «Ce qu’on voit à la télé c’est loin d’être la norme», explique le président international. « On souhaite faire de nos membres des gentlemans qui respectent les autres et leur environnement », explique-t-il.

C’est d’ailleurs pourquoi les Sigma Theta Pi mettent autant d’importance sur le volet philanthropique et social de leur organisation. Chacun des membres se doit de redonner à sa communauté par le biais du bénévolat. Cela permet notamment de ne pas avoir «la grosse tête» comme le dit Julien Caudroit.

«Ce qui nous distingue aussi des autres fraternités, c’est que nous avons un souci d’intégrer les gens de différents horizons», lance le président international. Le processus de sélection reflète cette idée; «90% de nos membres ont eux-mêmes demandé à intégrer notre organisation. Nous les acceptons tous dans le processus», admet-il. Cependant, il se peut que les membres ne parviennent pas au statut de membre régulier. Il faut un semestre avant d’atteindre ce titre.

Manque de personnel

Avant de voir le jour sur le campus, la fraternité doit répondre aux exigences du Bureau de la vie étudiante et récolter 25 membres étudiants à l’Université Laval. Sigma Theta Pi ne compte actuellement que sept membres actifs sur le campus. « Des activités de recrutement auront lieu au courant d’ici la fin décembre alors qu’une rencontre sous forme festive se tiendra à la première semaine de janvier », a fait savoir Simon Dussault, membre fondateur de la fraternité à l’Université de Montréal et qui dirigera les activités à l’Université Laval. M. Dussault se dit confiant de trouver suffisamment d’étudiants intéressés.

Des initiations encadrées

Par ailleurs, la question des initiations est souvent celle qui projette une image négative aux fraternités. L’Université de Montréal a fait la manchette en septembre dernier et McGill il y a quelques années pour des initiations qui ont plutôt mal tournées ou qui ont tout simplement coutées très chers. Julien Caudroit assure que le processus initiatique des Sigma Theta Pi est sécuritaire et encadré. «Nous ne ferions pas le dixième de ce que les [facultés universitaires] font», s’exclame le président international. «Pour s’assurer de cela, nous nous obligeons à respecter, en tout temps, les lois de trois pays», ajoute-t-il. Les Sigma Theta Pi de Montréal doivent respecter les lois canadiennes, américaines et françaises.

«De plus nous ne sommes pas une organisation qui met le « party » au premier rang de nos priorités. Nous faisons la fête, c’est vrai. Mais l’échange entre nos membres est plus important que le simple «party» explique Julien Caudroit V.

Crédit photo : Coutroisie Robert Philippe Massé