Le premier ministre français Manuel Valls s’est rendu à Québec vendredi dernier pour y compléter sa visite de deux jours au Canada. Les enjeux du numérique, de la jeunesse et de la radicalisation ont été abordés en compagnie de Philippe Couillard. Impact Campus a suivi les deux politiciens lors de leur rencontre dans la Vieille-Capitale.

En collaboration avec Amaury Paul

Arrivé à Québec en fin de soirée, la veille, M. Valls a entamé son tour de la ville tôt en matinée sur la terrasse Dufferin, tout près du Château Frontenac. Une visite au pas de course s’en est suivie avec deux musées et un bref passage au consulat de France. Le point culminant de cet avant-midi : un arrêt à l’Assemblée nationale pour y signer plusieurs accords et répondre aux questions des journalistes.

Un lien spécial

De nombreuses ententes existent entre les deux nations, dont celles concernant les échanges universitaires. Annuellement, avec plus de 10 000 étudiants, le Québec accueille environ 90 % des Français inscrits au sein d’universités canadiennes. À l’inverse, chaque année, près de 1500 Québécois vont étudier chez leurs cousins.

Au-delà de cet enjeu, les deux chefs de gouvernement ont discuté pendant près d’une heure des autres dossiers actuels de la coopération franco-québécoise. Ils ont notamment souligné l’importance croissante du numérique et de ses effets sur l’entreprenariat chez les jeunes. «[Ce] changement de civilisation profond s’accompagne du déploiement de jeunes entreprises, estime Philippe Couillard. On va utiliser toute la force de nos offices jeunesses, on continue notre collaboration par la possibilité de stages et de déplacements de part et d’autres de l’Atlantique. »

La radicalisation au centre de l’attention

La problématique de la radicalisation a fait beaucoup jaser en point de presse. Le sujet avait déjà été souligné lors de précédentes rencontres avec Justin Trudeau à Ottawa et à Montréal. Le thème de la laïcité a, lui aussi, fait l’objet de débats entre les deux politiciens. « Le Canada comme le Québec ont été à la pointe sur les questions de lutte contre la délinquance et de la prévention. C’est ensemble que nous allons avancer, au-delà de nos modèles, laïcité ou pas », lance Manuel Valls.

Ce dernier a également plaidé pour une meilleure prévention auprès des jeunes et de leur famille, à qui il faut « donner un sens à l’existence ». Selon lui, il faut essentiellement « sortir ces jeunes garçons et ces jeunes filles de ce processus dans lequel ils considèrent qu’ils ont raté leur vie et veulent réussir leur mort ».

De son côté, M. Couillard rappelle que des services, autant au Québec qu’en France, sont disponibles pour agir contre le phénomène. « De façon à intervenir et à identifier le plus rapidement possible, on met en place un Centre de radicalisation où les familles inquiètes peuvent signaler les comportements qui leur semblent porter dans cette direction », poursuit-il. Fondé l’an dernier, ce centre basé à Montréal est d’ailleurs salué par la communauté internationale pour son caractère inédit.

Une conférence de l’UNESCO sur le sujet, Internet et la radicalisation des jeunes: prévenir, agir et vivre ensemble, se tiendra d’ailleurs à Québec les 31 octobre et 1er novembre prochains. « La question d’Internet et le danger que ça représente pour ces jeunes, c’est autour de cela que nous allons discuter, car nous devons agir sur l’ensemble de ces paramètres, un travail de très longue haleine », souligne Manuel Valls.


En marge de l’évènement, le premier ministre de la République française s’est ensuite entretenu avec le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Le principal intéressé a finalement conclu son séjour nord-américain par une dernière escale sur l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon.

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