Une simulation de désastre externe s’est déroulée ce matin dans le stationnement sous-terrain du pavillon Ferdinand-Vandry. L’exercice tentait de recréer une foire aux sciences « qui a mal viré » à la suite d’une explosion de propane, nécessitant ainsi le déclenchement d’un code orange.

Le code orange est une convention internationale dans le milieu de la santé désignant une arrivée et une présence massive de blessés, qui nécessite des méthodes de traitement exceptionnelles.

Concrètement, sur le terrain, 40 faux blessés étaient couchés au sol en attendant une intervention rapide et efficace. Il s’agissait par exemple de blessures de déflagration, de brûlures à différents degrés et de fractures également, indique l’organisateur responsable de l’événement, Samuel Dupuis. Celui-ci est aussi vice-président aux communications de l’Association des étudiantes et étudiants en sciences infirmières de l’Université Laval (AÉÉSIUL), qui a parrainé l’activité.

« On se base surtout sur le processus de triage START, qui est beaucoup utilisé en milieu hospitalier actuellement, dit-il. Il s’agit en fait de séparer la priorité des blessés selon des couleurs, à savoir vert, jaune et rouge. »

Au centre de l’opération se trouvait le chef-trieur, un étudiant chargé de déterminer l’ordre de priorité des blessés. À partir du moment où le patient peut encore marcher, il est généralement classé vert. « Il faut tout de même les traiter, mais ce sont des victimes moins importantes, au sens où leurs blessures sont moins graves », poursuit Samuel.

Les intervenants cherchent ensuite à savoir s’il y a respiration ou non et à déterminer si une certaine quantité de signes vitaux est encore présente, afin de déterminer si l’individu est classé jaune ou rouge, selon le contexte.

Effectifs imposants

En plus des 40 faux blessés, 16 techniciens-ambulanciers du Cégep de Sainte-Foy ont été chargés de « stabiliser et de transporter les patients de la zone à risque jusqu’à la zone de traitement, en l’immobilisant », précise l’organisateur.

Puis, 20 étudiants en sciences infirmières de l’Université Laval ont pris en charge les blessés. En tout temps, 10 paramédicaux et deux professeurs de la Faculté étaient présents sur les lieux pour évaluer chacune des actions entreprises.

« Il y a vraiment des standards à suivre dans la méthode de premiers soins, et on donne ensuite une rétroaction à tout le monde par rapport à ça, lance l’étudiant. On a beaucoup d’objets entrés dans la peau par exemple. C’est attendu que les intervenants les stabilisent. Nos évaluateurs peuvent ensuite donner une appréciation du travail. »

Même principe pour le START: les professeurs et les paramédicaux peuvent ensuite expliquer aux étudiants s’ils ont bien établi les standards de structuration des patients en vert, en jaune ou en rouge.

« Plus-value » sur la formation

À l’Université Laval, il s’agit d’une première en soi, mais l’exercice s’est déjà tenu sur le campus de l’Université de Sherbrooke et à l’Hôpital Laval, toujours dans cette même optique d’enrichissement du parcours académique.

« Dans nos cours, les finissants, on a une formation en soins critiques, donc tout ce qui est urgence, explique Samuel. Or, la seule chose, c’est que ce sont des cours magistraux en laboratoires. Traiter une personne réelle n’est pas du tout la même chose. Ici, on y va vraiment avec le stress, la surcharge de travail, donc de savoir comment on réagit au fait de traiter un patient dans des situations très tendues. »

Il estime que de telles simulations contribuent énormément au développement du jugement clinique d’un intervenant et au degré de priorité qu’il accorde aux soins. « On veut savoir quel patient doit être pris en charge en premier, lance-t-il. Les étudiants ici ont beaucoup apprécié le fait d’avoir une surcharge de travail. À l’hôpital, on a un milieu relativement contrôlé, on peut avoir des blessés, mais 40 à la fois, c’est une autre chose, c’est énorme. »

Mission de sensibilisation

Autant d’engouement pour un événement de la sorte donne de bons espoirs à Samuel concernant son domaine d’études. Il croit que d’intéresser la collectivité aux méthodes de traitement et aux précautions à prendre ne peut que mieux préparer les citoyens à toutes éventualités.

« C’est très encourageant de voir qu’il y a autant de personnes intéressées à une initiative étudiante, indique-t-il. Il y a beaucoup de personnes aussi déjà qui veulent s’impliquer l’an prochain. On pourra amener la chose à un autre niveau, pour avoir des effets encore plus bénéfiques sur la formation. C’est très stimulant. »

Il ajoute que, récemment, « on a vu beaucoup de pré-codes oranges, donc des situations où le code aurait pu être placé, mais que ça n’a pas été fait ». Il mentionne par exemple l’attentat au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) ou encore la grande tempête de neige à Magog, où il y avait eu un carambolage massif de voitures. La tenue d’un événement comme celui de vendredi est donc plus que nécessaire, selon lui.

« Ça a été une participation générale super, conclut Samuel. Tout le monde a été excellent. On voit qu’il y a eu quelques pépins, quelques difficultés, mais justement, c’est ça l’expérience d’apprentissage. »


Notons que l’activité a nécessité l’appui du Centre antipoison de Québec, du ministère de la Sécurité publique, de la sécurité civile, de la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec, de l’équipe d’intervention en matières dangereuses de Québec ainsi que de plusieurs autres partenaires.

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