cHHmLwjwTTc

Les étudiants de 1er cycle devront très prochainement se prononcer quant à l’affiliation de la CADEUL à la nouvelle association nationale, l’Union étudiante du Québec (UEQ). Entretien avec les représentants des comités partisans.

Avec la collaboration de Jean-Frédéric Moreau, chef de pupitre aux actualités

Depuis mars dernier, la CADEUL, accompagnée de plusieurs associations de la province, travaille sur la création d’une organisation qui aura pour but de représenter la population universitaire du Québec auprès des plus hautes instances. Après des pourparlers, l’UEQ est née cet été. D’après son site Internet, sa mission est « de défendre les droits et intérêts de la communauté étudiante, de ses associations membres et de leurs membres en promouvant, protégeant et améliorant la condition étudiante, des communautés locales et internationales selon les valeurs dont elle s’est dotée ».

La campagne référendaire bat son plein sur le campus. Les étudiants de premier cycle pourront se prononcer du 23 au 30 novembre prochain sur la question suivante : Acceptez-vous que votre association étudiante de campus, la CADEUL, s’affilie à l’Union étudiante du Québec (UEQ) en tant que membre fondateur, moyennant une cotisation de 4,50 $ par étudiant, par session et indexée ?


Argumentaire CONTRE  – Coordonnateur : Julien Jolicoeur-Dugré 

  • Pour une CADEUL autonome : Julien Jolicoeur-Dugré défend que « les décisions qui vont se prendre à l’UEQ vont passer par plusieurs paliers décisionnels, et qu’au final, l’étudiant en tant que tel sur le campus n’aura pas beaucoup de pouvoir ». Il craint que la voix des étudiants soit diluée alors que des compromis seraient nécessaires avec les autres associations membres. Selon lui, il est possible pour la CADEUL de travailler avec les autres associations nationales tout en conservant son autonomie, notamment en collaborant sur des enjeux précis sur lesquels la CADEUL a un mandat.
  • Une cotisation trop élevée : Le coordonnateur juge la cotisation fixée à 4,50 $ par trimestre trop élevée, comparativement à l’ASSÉ qui perçoit une cotisation de 3,00 $ par année. Il déplore que les associations membres n’aient aucun pouvoir sur le prix en raison de son indexation. Enfin, il critique que l’équivalent de la moitié de la cotisation annuelle d’un étudiant (1 session = 4,50 $ ; 2 sessions = 9,00 $) soit versée en salaire.
  • Des objectifs flous : « Pourquoi payer pour une structure dont on ne connaît pas les projets ? », questionne Julien Jolicoeur-Dugré. Le représentant critique le déficit de valeurs de base de l’UEQ. Selon lui, les étudiants ne savent pas sur quoi ils votent en raison du manque de positions politiques de l’UEQ et de ses mandats.
  •  Peur de la FEUQ 2.0 : L’étudiant en philosophie craint particulièrement la sous-représentation des associations régionales. Il craint également que la FAECUM (Université de Montréal) en mène large. Cette situation était reprochée à la FEUQ en raison de son système de votation. D’après Julien, le système de votation semi-proportionnel de l’UEQ reproduit les défaillances reprochées à la FEUQ. 

Argumentaire POURCo-coordonnateur : Xavier Bessonne

  • Manque de représentation nationale : Selon Xavier Bessonne, bien que légitime, l’ASSÉ ne représente pas l’opinion de la majorité des étudiants du Québec. La CADEUL n’a pas le poids national qu’elle pourrait avoir au sein d’une association qui en regroupe d’autres à travers la province.
  • Palier les problèmes de représentation de la FEUQ : « De la manière que c’est construit, les associations régionales et urbaines ont tout avantage à siéger ensemble », défend Xavier. Selon lui, le système de votation règle les problèmes liés à une sous-représentation des associations régionales. Il ajoute les avantages liés à une affiliation et une désaffiliation facile en raison du principe de souveraineté des membres.
  • L’UEQ a des projets fondateurs : Xavier cite en exemple le Fonds des services de santé et d’éducation postsecondaire (FSSEP) développé par la CADEUL. Il pense qu’un tel dossier pourrait être parrainé par une association nationale.
  • Souci de portée et d’influence : L’étudiant en économie et politique défend que la portée du message de la CADEUL reste faible lorsqu’elle n’est pas affiliée à une association nationale. Selon lui, l’influence que peut avoir à elle-même la CADEUL sur plusieurs questions politiques et dont les interlocuteurs sont gouvernementaux est très faible.

Impact Campus a vérifié

COTISATION

Pour la première année, la cotisation exigée est de 4,50 $ par session par étudiant membre de chaque association membre de l’UEQ. Cette cotisation est calculée en fonction du nombre d’étudiants membres de chaque association participante. Le montant est par la suite indexé chaque année selon l’Indice des prix à la consommation établi par Statistiques Canada.

Environ 40 % de la cotisation servira à payer le salaire des employés ainsi que des élus de l’exécutif. Près de 20 % serviront aux fonds pour les campagnes politiques. En d’autres mots, près des deux tiers de la cotisation seront partagés pour payer seulement trois éléments du budget. Moins de 5 % serviront à la promotion et à la mobilisation. Le même montant sera aussi attribué aux fonds pour les actions sociales.

PERCEPTION DE LA COTISATION

Chaque étudiant devra payer une cotisation de 4,50$ par trimestre. Ainsi, les gens inscrits aux sessions d’automne, d’hiver et d’été devront débourser jusqu’à 13,50 $ par année à l’UEQ.

Les étudiants membres de l’ASSÉ payent quant à eux une cotisation de 1,50$ par session, soit 3,00 $ par année scolaire.

La cotisation des étudiants membres de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) était de 2,50 $ par trimestre.

VOTE

Pour faire voter un changement des règlements généraux ou pour l’élection du comité de coordination, le système de votation suit le principe d’une association un vote.

Pour ce qui est des positions politiques de l’UEQ, la votation en caucus suit la logique de la double majorité. Le quorum lors des séances est fixé aux deux tiers des associations membres. À la première étape de la prise d’une décision politique, chaque association a un vote. On doit obtenir 50 % +1 des votes des associations pour que l’UEQ retienne la proposition. À la seconde étape, pour qu’une position soit adoptée, celle-ci doit recueillir au moins l’équivalent de 33 % des membres individuels. Il existe un autre mécanisme dans l’attribution des votes qui vise à empêcher que 25 % des associations former une coalition et bloquer une proposition. Par exemple, la CADEUL et la FAÉCUM, dont le nombre de membres individuels est élevé, ne peuvent à elles-mêmes bloquer l’adoption d’une décision. Ce système de votation est semi-proportionnel. Cette méthode à deux phases laisse un pouvoir décisionnel égal aux associations étudiantes qui représentent un plus petit nombre de membres.

À la FEUQ, le système de votation était uniquement semi-proportionnel, ce qui signifie que le principe d’une association un vote ne tient plus. Chaque association membre, selon un palier déterminé arbitrairement par le nombre de membres individuels, obtenait un certain nombre de votes. Ainsi, les associations plus nombreuses avaient plus de votes que celles ayant moins de membres. Pour qu’une position soit adoptée, on devait obtenir les deux tiers des votes en faveur de celle-ci.

Sources : 

Règlements généraux de l’Union étudiante du Québec.