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Le Syndicat des auxiliaires administratifs, de recherche et d’enseignement (Sa2re) a tenu le mercredi 26 novembre une journée de grève et de mobilisation sur le campus de l’Université Laval. À midi, sept syndicats de l’UL ont manifesté coude à coude pour dénoncer les compressions faites aux universités. Une première sur le campus.

« C’est important d’envoyer un message clair à l’administration universitaire pour dire que les compressions dans les universités, ça n’a plus aucun bon sens, mais il faut envoyer un message aussi au gouvernement libéral ; ce ne sont pas les employés de l’Université Laval, ce ne sont pas les étudiants non plus qui vont faire les frais de ces compressions-là », a scandé à la foule Charles-Alexandre Bélisle, président du Sa2re.

Le mandat de grève avait été voté le 20 novembre dernier à 92 %. Les pourparlers entre le syndicat et l’Université étaient alors au point mort, en pleine négociation de la troisième convention collective des auxiliaires. Ce vote de grève et cette journée de mobilisation se voulaient une réaction aux « compressions dans les universités et l’austérité en général ».

Le matin, dès 7 h, environ 70 auxiliaires et étudiants avaient installé deux lignes de piquetage aux abords du campus pour en bloquer l’accès. Dès 8 h, l’Université a décidé de revenir à la table de négociations, et cela, grâce aux moyens de pression de la journée, d’après le Sa2re. « On a eu de nouvelles dates pour négocier de leur part, donc on est bien satisfaits. L’important, c’est de se faire voir, et ça a un impact quand on se mobilise », s’est réjoui Charles-Alexandre Bélisle.

Pierre-Alexandre Déraspe, auxiliaire d’enseignement en théâtre présent à la mobilisation, a soutenu l’importance « de se soulever » : « On sait que l’austérité, c’est un problème pour les auxiliaires, mais c’est aussi un problème qui est social, idéologique. On veut des conditions qui se tiennent. On tient à rappeler que s’ils ne nous écoutent pas à la table, ils vont nous écouter dans la rue. »

Les étudiants de philosophie avaient eux aussi voté un vote de grève, en appui au Sa2re. Pour Audrey Paquet, présidente de l’Association générale des étudiants et étudiantes prégradué(e)s en philosophie (AGEEPP), le but était de « faire des pressions supplémentaires auprès de l’Université. On voulait vraiment les supporter. C’est dans le cadre d’une contestation populaire qu’on a décidé de faire ça. » « Nous voulons soutenir nos auxiliaires d’enseignement qui sont des pièces importantes du puzzle que constitue tout le système éducatif de l’université », a renchéri Rodolphe Giorgis, VP externe de l’AGEEPP.

Manifestation massive

À midi, une manifestation générale a réuni sept syndicats de l’Université. Environ 700 personnes ont déambulé sur le campus pour faire passer leur message aux hautes instances universitaires ainsi qu’au gouvernement. Tous les syndicats présents ont insisté sur l’importance de la mobilisation face à l’austérité du gouvernement libéral afin de garantir l’avenir de l’éducation au Québec.

« On a jugé aujourd’hui opportun de se réunir et de marcher ensemble, a déclaré Vincent Mauger, chargé de cours à l’École de design. On voulait se faire voir et montrer qu’on est tous ensemble pour dénoncer les coupures importantes qui ont lieu. En tant que chargé de cours, ce qui nous touche particulièrement, c’est la qualité de l’enseignement. La taille des groupes aussi. Si on force des groupes à être fusionnés ensemble, la charge de travail augmente. Et il y a carrément des cours qui risquent de ne plus se donner du tout. »

Les actions du syndicat des auxiliaires se sont poursuivies toute la journée, notamment par une haie d’honneur silencieuse à l’entrée de l’assemblée générale annuelle de l’Université Laval.

Pour le président du Sa2re, cette journée de mobilisation a été « un franc succès » : « Ce matin, on a eu un taux de participation au-delà de nos espérances. Nos activités ont permis de débloquer le processus de négociation. Le résultat est là. On a réussi à faire passer noter message. On a aussi réussi à sensibiliser la communauté universitaire à l’impact des compressions. »

Contacté par Impact Campus, le recteur Denis Brière est resté avare de commentaires.