L’achèvement ludique d’un accouplement d’éléphant dont le mâle est monté par un jeune homme désabusé « reflète bien l’album », selon Jimmy Hunt. Entrevue avec l’artiste qui, pour la pochette de son deuxième LP solo, a scanné un vieux polaroïd des années 80 trouvé dans des archives où l’on ne cite pas l’énigmatique photographe.

Noémie Doyon

Ce jeudi midi-là, dans le café étudiant du cégep Garneau, Jimmy Hunt a chanté « Emmène-moi au-dessus du monde, j’ai une fabuleuse érection… » Une dizaine de filles le suivait en fredonnant et en dansant doucement, des couples s’embrassaient plus ou moins posément et la moitié des badauds avaient les yeux fermés. Assis par terre ou sur les divans, on s’y sentait comme au cœur d’une scène de film européen. L’atmosphère planante, la chaleur de la pièce, l’odeur du café, mais surtout la musique jubilatoire de l’artiste, ont eu pour effet de livrer cette heure et demie comme un festival folk rock de mois de juin.

Si le deuxième album de Jimmy Hunt, Maladie d’amour, est d’un folk mordu par des envolées électro de fin 70’s, il en est autrement lorsque présenté en spectacle. Dans plusieurs des chansons interprétées par la formation s’enchaînaient : fortes performances à la guitare, beaux accents aux percussions et grands élans psychédéliques. « C’est plus rock en show quand on est juste les quatre parce qu’on en a fait beaucoup auparavant. » Effectivement, Jimmy était autrefois chanteur dans le groupe rock élégant Chocolat et Emmanuel Ethier, guitariste pour le groupe rock-électro Passwords. Cette ambivalence révèle entre autres un certain amour que porte l’artiste pour l’improvisation et l’ouverture d’esprit.

Ce qui, toutefois, reste constant d’une écoute à l’autre (et même d’un album à l’autre), ce sont les paroles dans les chansons de l’artiste. Un penchant pour la simplicité et l’authenticité du registre façonnent ses textes en une sorte de prose post-moderne. « Ça vient tout seul », explique Jimmy Hunt, qui joue d’ailleurs sur les rythmes par ses mots et qui utilise souvent les prénoms féminins. « Ce sont des noms provenant parfois d’anecdotes d’amis, que je reprends pour en faire des histoires », dit-il.

L’enregistrement de ces chansons en studio a pris plus d’une année. « Il y avait des temps morts où on ne faisait rien pendant quelques mois », avance-t-il pour expliquer cette longue période de temps. Jimmy Hunt a entre autres retardé le lancement de Maladie d’amour, car il voulait laisser passer l’été et attendre l’automne. Par ailleurs, même si seulement 14 chansons se trouvent sur l’album, 18 ont été enregistrées. C’est que « ça ne marchait pas pour un vinyle. »

Pour le moment, l’artiste travaille plus ou moins sur un prochain album solo, mais il ne fait pas de ça son gros projet en cours. En fait, Hunt retourne avec son ancien groupe, Chocolat, avec lequel il présentera 7 ou 8 chansons « pour le plaisir ». Quelques shows aussi, « Peut-être ».

En tout cas, nous, on aimerait ça!