Le 5 décembre dernier au Théâtre Petit Champlain, « Les atomes » vivaient pour la première fois sur scène. Compte-rendu d’une soirée drôle et touchante.

Justine Pomerleau-Turcotte

Martin Léon monte sur scène, son DJ-percussionniste sur les talons. Ce dernier est vêtu d’un sarrau. Le ton est donné : ce carnet de voyage musical sera un laboratoire dans lequel on pourra s’attendre à tout. Des nuages, comme vus d’un avion, sont projetés, et l’artiste entame sa narration. On décolle.

Première pièce : Maria, en version épurée, intime comme dans une soirée entre musiciens. Guitare acoustique, shaker et grosse caisse discrète suffisent à enrober le texte. Puis, l’arrangeur passionné se fait pédagogue et dissèque devant nous, représentation graphique de l’enregistrement à l’appui, L’invisible, en isolant chacun des instruments et en racontant de façon exhaustive tout le processus créatif, de la première inspiration de la ligne de basse à l’ajout des voix, de la guitare rythmique et des sonorités « intruses » (darbouka, gamelan), qui n’ont habituellement pas leur place dans une création qui se veut d’inspiration laotienne. Probablement le segment le plus audacieux et le mieux réussi.

L’histoire suivante, intitulée La nuit du grand buzz, relate une rencontre avec une ethnie indigène au fond d’une jungle peuplée de tigres… et de dindes. Alors qu’il est accueilli dans un village pour y passer la nuit, une fièvre hallucinatoire le fait voyager bien plus loin que le Laos et devient source d’inspiration pour quelques pièces, dont l’entraînante et funky Le shack à Chuck, presque uniquement parlée, qui ne souffre pas de l’absence de mélodie tellement le groove est convaincant.

La foule (vaste et conquise) participe ensuite à un karaoké inusité, où C’est ça qui est ça se superpose aux images d’un film en noir et blanc racontant une histoire probablement fort différente de la première inspiration de la chanson.

Martin Léon arbore avec aisance son nouveau costume de conteur-musicien. Une première solide, créative et captivante.