Les mesures contestées, viennent réviser le système d’éducation nationale instauré en 1976, comprennent la mixité des établissements publics, l’uniformisation du cursus scolaire au lycée et l’augmentation des heures de travail des enseignants. À ce titre, le gouvernement accuse ces derniers de manipuler leurs étudiants en les incitant à manifester, ce que dément vigoureusement la Fédération des étudiants du secondaire de l’Équateur (FESE), qui menace de recourir aux tribunaux internationaux si le gouvernement ne fait pas marche arrière. La FESE tire à boulets rouges sur le nouveau programme scolaire intégrant plusieurs nouvelles matières obligatoires telles la chimie, la physique, l’éducation à la citoyenneté et l’entreprenariat, estimant notamment que les enseignants n’ont pas les qualifications scientifiques nécessaires à leurs nouvelles attributions.

Tout en excluant un scénario de recul, le président Correa a promis d’enquêter sur une série d’événements qui ont fait plusieurs blessés graves parmi les étudiants. S’appuyant sur la majorité parlementaire ayant adopté la réforme, il a invité les enseignants  à démissionner, estimant que des jeunes diplômés étaient prêts à prendre leur place. Le chef d’État a également qualifié la mobilisation de l’Union nationale des éducateurs d’échec.

En Équateur, l'enseignement public est obligatoire jusqu'à 14 ans et théoriquement gratuit, mais il est fréquent que des frais de scolarité soient réclamés. Par ailleurs, les institutions publiques sont mal équipées et les familles aisées ont fréquemment recours aux écoles privées.