Un baja est un prototype de véhicule tout terrain, financé et fabriqué par des étudiants de génie, majoritairement de génie mécanique. Une quinzaine d'équipes se sont affrontées sur une piste améliorée. «Il y a plus de butes, donc plus de sauts et la phase de qualification se fait en trois étapes au lieu d'une», a expliqué Nicholas Lefebvre, inspecteur technique pour l'épreuve.

«Avant, les qualifications, c'était seulement trois tours de piste rectangulaire, c'était ennuyeux.» Avec des étapes qui testent la suspension, la manoeuvrabilité et l'accélération, les qualifications donnent un résultat plus représentatif. «Avant les qualifications ne démontraient pas grand chose, le gagnant était souvent celui qui avait le meilleur top speed», a-t-il déploré.

Des nouveautés qui font sourire le président de l'Épreuve du nord, Marc-Antoine Dionne. «La compétition est devenue très québécoise, des équipes qui sont en passant les meilleures au monde», a-t-il émis. L'équipe de l'Université Laval a d'ailleurs participé aux trois compétitions officielles organisées par la SAE (Society of Automotive Engineers) en 2010. Elle a d'ailleurs pris le troisième rang au cumulatif l'an dernier sur une centaine d'universités participantes venant d'aussi loin que du Vénézuela, du Mexique, de l'Inde et du Brésil.

Cependant, ces épreuves ont lieu dans le sud des États-Unis, ce qui ne donne que peu de chances aux équipes de la province qui disposent de peu de ressources, comme les équipes de différents cégeps comme celui de Valleyfield ou du collège Dawson. L'Épreuve du nord donne la chance à ces futurs ingénieurs de faire leurs preuves.

Une épreuve d'endurance

Pour Dominic Marceau, adjoint technique et pilote de l'Université Laval, la course est un aussi un complètement aux cours. «C'est l'occasion d'appliquer les concepts vus en classe. Nous faisons tout par nous-même. Les enseignants nous aident pour les problèmes les plus corsés, mais c'est vraiment un projet étudiant», a expliqué celui qui s'implique dans le projet pour une quatrième année.

Le pilote rappelle que les étudiants travaillent toute l'année pour arriver aux courses. Pour lui, le plus gros défi reste la constance, surtout dans une course qui dure deux heures comme celle de l'Université Laval. «En tant que pilote, il faut éviter les dépassements et les gestes trop fous. Les circuits sont très demandants pour les machines, donc il faut aller le plus vite possible tout en évitant de prendre des coups. Souvent, le gagnant est celui qui n'a pas eu de bris», a-t-il évalué. Le véhicule de l'Université Laval a d'ailleurs perdu une roue durant la course ce qui a soulevé les clameurs des participants de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Cela n’a pas empêché l’Université Laval à remporter la victoire avec 84 tours, soit 5 de plus que l’UQTR.