La programmation du Mois Multi 2026 a enfin été dévoilée ce mercredi 7 janvier ! Du 27 janvier au 1er mars, cette édition va se déployer sous le thème Sonoratures : « l’art sonore et la littérature s’allient au-devant de la scène pour faire écho aux voix, ébranlées ou puissantes, portées par l’humain. » Le commissaire Christian Lapointe a prévu une cinquantaine de spectacles, performances, ateliers et expositions au travers de sept lieux culturels autour de la ville de Québec. Venez découvrir, ou retrouver, une centaine d’artistes grâce à notre agenda personnel !
par Léon Bodier, chef de pupitre aux arts
À partir du 30 janvier : Murmures de l’invisible
Exposition collective multimédia
Lieu : Air publique EXMURO
Description : Une exposition réunissant plusieurs artistes visuels qui explorent les zones invisibles de l’expérience « questionnant la capacité de l’art contemporain à révéler les résonances subtiles du quotidien et les zones d’ombre qui se cachent sous la surface des choses ».
Pourquoi on le conseille : Parce que c’est une façon différente d’aborder le festival, par l’art visuel — idéal pour les amateurs d’installations contemplatives et d’expériences sensibles.
27 janvier – 7 février : Féminicides, une histoire mondiale
Théâtre / Performance féministe
Lieu : Premier Acte
Description : Une création multidisciplinaire du Théâtre de l’Impie qui mêle « art-performance, autodéfense féministe, danse, chants grégoriens, théâtre et collages ». Inspirée de l’essai dirigé par Christelle Taraud, la pièce retrace l’histoire tragique des féminicides à travers les époques – des chasses aux sorcières jusqu’à aujourd’hui – en rendant hommage et mémoire aux femmes disparues.
Pourquoi on le conseille : Pour son puissant engagement social, son mélange de formes artistiques et sa manière de faire entendre des récits souvent tus, ce spectacle est une expérience informée et nécessaire : « un cri d’hommage à la résistance des femmes à travers les siècles, tour à tour joyeuse, désespérée, souterraine, outrageuse. »
5 – 6 février : DARK MATTER
Danse / Performance expérimentale
Lieu : Salle Hydro-Québec du Diamant
Description : Une pièce chorégraphique de Cherish Menzo (Pays-Bas) qui mêle danse contemporaine Chopped and Screwed, rap choral distordu et questionnements autour du post-humanisme et de l’afrofuturisme. La performance cherche à transcender la corporéité utilisant mouvement et son comme vecteurs d’exploration astronomique : « En étirant les notions de temps, le registre change et le corps performant parvient à générer de nouvelles lectures. »
Pourquoi on le conseille : Pour son esthétique physique et sensorielle radicale, et parce qu’elle repousse les frontières habituelles de la matière : « DARKMATTER veut faire table rase d’une façon préconçue de regarder son propre corps, du corps de l’autre et des histoires que nous leur attribuons. »
5 – 7 février : Jimmy, créature de rêve
Spectacle / Théâtre contemporain
Dates : 5 et 6 février à 19h, 7 février à 20h
Lieu : Salle Multi
Description : Œuvre culte de Marie Brassard / Infrarouge, présentée pour la première fois au Festival de théâtre des Amériques en 2001 et aujourd’hui reprise au Mois Multi. Cette pièce métamorphique explore le rêve de Jimmy, un coiffeur homosexuel dans les années 1950 dont le « plus cher désir est de briser la logique des rêves qui le tiennent captif afin qu’il puisse retrouver enfin son amour disparu. »
Pourquoi on le conseille : Parce que c’est une œuvre culte, disponible à nouveau 25 ans après sa création pour revenir questionner la mémoire et l’identité de genre à travers « rêves baroques, érotiques et absurdes (…) métamorphosant [Jimmy] en une créature étrange au genre incertain. »
12 – 13 février : STUDIO 4…singing from hell through heaven…
Musique électronique / Performance vocale
Lieu : Studio d’Essai, Salle Multi
Description : Une performance de Adelaida qui explore « la voix comme instrument vivant », entre son électro-acoustique, immensité, écho et intimité. Cette pièce fait dialoguer voix organique et traitement numérique minimaliste pour créer « un paysage émotionnel ».
Pourquoi on le conseille : Pour sa vision inventive de la voix humaine, oscillant entre rituel, et performance, idéale pour les curieux de formes hybrides « traçant les contours de ce que signifie chanter au-delà du corps. »
14 février : Labo danse écriture avec Catherine Lalonde
Atelier créatif / Laboratoire
Lieu : Maison de la littérature
Description : Un labo danse-écriture pensé et animé par Catherine Lalonde, poète, journaliste et performeuse issue du milieu de la danse, pour devenir un espace d’exploration indisciplinaire centré sur « des improvisations et des jeux sensibles qui appellent le mouvement, la voix, le mot, le tracé, l’écriture, le sens et le non-sens. » À travers des jeux sensibles, le laboratoire invite à expérimenter « à sortir de ses forces artistiques et techniques, à se salir un peu » en observant le chemin de la pensée lorsqu’elle se cherche, du corps au langage, dans l’individuel et le collectif.
Pourquoi on le conseille : Parce que ce laboratoire privilégie le processus plutôt que le résultat : il n’y a rien à présenter, seulement des traces, des idées et des liens vivants. Dans une communauté guidée par la vulnérabilité et le « risque doux » chacun.e peut y trouver un terrain fertile pour renouveler ses questionnements artistiques autrement.
18 – 21 février : Juste vide ton cœur
Théâtre / Slam / Performance drag
Lieu : Périscope
Description : Une performance où Xénia Gould, avec la complicité de la metteuse en scène Angela Konrad, mêle slam, dialecte acadien, récit intime, performance drag et présence scénique pour faire entendre une parole brute, traversée par l’émotion et la vulnérabilité : « Toujours en mouvance, ses relations à son corps, à ses désirs et au concept de home tapissent son regard sur le monde.»Le spectacle oscille entre remettre en question la structure du monde (…) et de travail de personnages pour chercher « cherche à voir si ces femmes défuntes pourront l’aider à transcender sa propre peur de la mort et de l’abandon. » Pourquoi on le conseille : Parce que l’œuvre propose une expérience queer profondément cathartique, où l’intime se transforme en force. Une performance incarnée, qui fait dialoguer identité et scène sans filtre ni compromis.
19 février : Nuages sonores – Abécédaire de la survie
Installation sonore / Exposition
Lieu : Salle Multi
Description : Une installation de micro dispositifs interactifs sonores et d’une proposition vidéographique de nuages erratiques qui se déploie comme un abécédaire, où chaque son d’insecte agit comme une entrée possible pour penser la survie : « L’intensité sonore des insectes qui discutent crée une présence qui fait absorption, le corps s’y trouve englué. » Le public est invité à une écoute contemplative et déambulante rappelant « nos errances imaginaires de jeunesse, étendu·es dans un champ, où la rêverie engendrait monstres et merveilles dans le ciel, dans les limbes d’un corps vivant son environnement.»
Pourquoi on le conseille : Pour son approche immersive, qui fait du son un véritable outil de narration sensible. Une proposition idéale pour découvrir comment l’écoute peut devenir une forme de lecture du monde, en dehors des cadres spectaculaires traditionnels « incitant à réfléchir à la précarité de sa présence actuelle sur notre planète. » Le 19 février propose une soirée performative « : c’est une invitation à une réappropriation matérielle du corps, de son lien sensoriel à l’environnement, et à en contempler l’imperceptible mouvance ».
21 février : …lifting the voice… avec Adelaida
Atelier / Exploration vocale
Lieu : Studio Avatar
Description : Un atelier qui propose une exploration de la « voix comme un instrument vivant, ludique et collectif ». À travers différentes approches corporelles, sonores, d’improvisation, de curiosité collectives et de résonance, les participant·es sont invité·es à explorer « leurs paysages vocaux et l’énergie partagée du son ».
Pourquoi on le conseille : Parce qu’il s’agit d’un espace de recherche participatif, accessible autant aux artistes qu’aux curieux·ses du sonore. Une occasion rare de travailler la voix hors des cadres normatifs, dans une dynamique d’écoute et d’expérimentation.
22 février : Scènes indisciplinées : Paroles d’artistes
Performance collective / Événement spécial
Lieu : Périscope
Description : Une série de trois vidéos documentaire pour rassembler plusieurs artistes, « premier·ères expert·es de leur propre pratique », et offrir une immersion dans leur univers créatif et les démarche qui leurs permet de les fabriquer : « Pour elleux, la scène devient tour à tour terrain de jeu, espace de bricolage et laboratoire expérimental où matières inusitées et corps rebelles ouvrent de nouveaux possibles. »
Pourquoi on le conseille : Pour son son esprit de partage didactique, qui permet de découvrir une pluralité de voix et de démarches en un seul moment. Une soirée idéale pour saisir l’esprit du Mois Multi : résolument ouvert.
25 – 26 février : The Last Minutes Before Mars
Performance / Théâtre expérimental
Lieu : Bibliothèque Gabrielle-Roy
Description : Une performance immersive signée par le collectif Mammalian Diving Reflex, qui combine performances en direct et projections en réalité virtuelle à 360° pour nous plonger dans les dernières heures imaginaires avant un départ vers Mars. Plongés dans l’univers d’un groupe de jeunes, le spectacle confronte le public à des questions existentielles sur l’urgence et nos relations aux autres « comme si nos difficultés quotidiennes sur terre pouvaient être plus facilement résolues à -65 °C et à l’aide de fortes doses de rayonnement cosmique. »
Pourquoi on le conseille : Parce que l’œuvre propose une expérience sensorielle collective hors des formes théâtrales traditionnelles pour explorer l’enjeux grandissant de la santé mentale – imputé au changement climatique, aux réseaux sociaux, à la montée des tensions mondiales et aux défis économiques – mais surtout « le fait que, quoi qu’il nous arrive, nous vivons nos vies différentes toutes sur le même chemin, vers la même destination ; aujourd’hui, il y a des centaines de milliers d’années, et au-delà, dans un avenir trop terrifiant et trop beau pour être imaginé. »


