Rendre l’alimentation de qualité accessible à l’Université Laval, c’est le but que s’est fixé Uni-Vrac. Après une pause de 3 ans, cette initiative étudiante, une épicerie en vrac, pensée par et pour la communauté universitaire, a été lancée à nouveau, le lundi 9 février 2026, à la cafétéria du pavillon Desjardins.
Par Roger Kponoukon, journaliste stagiaire
Fermée depuis janvier 2023 en raison du manque de local pour mener ses activités, Uni-Vrac est désormais opérationnelle depuis lundi 9 février. À l’image des épiceries en vrac, c’est un endroit où l’on peut acheter des denrées en vrac en apportant ses propres contenants réutilisables.
Cette initiative a été rendue possible grâce à des étudiant.es de Sciences et technologies de l’alimentation et d’autres en nutrition. Leur objectif est de réduire le suremballage à la source, d’encourager la consommation responsable et de favoriser les circuits courts et l’approvisionnement local. De plus, iels souhaitent encourager la réutilisation des contenants et la lutte contre le gaspillage alimentaire. « Achetez seulement la quantité dont vous avez besoin, réduisez le gaspillage et faites du bien à votre portefeuille », peut-on d’ailleurs lire dans une publication sur la page Facebook officielle de Produits alimentaires Uni-Vrac.

La présidente du comité de gestion d’Uni-Vrac, Darine Ducharme, étudiante en Génie géologie, a procédé à la réouverture de ce commerce de proximité. D’après elle, ce magasin d’alimentation s’adresse principalement aux membres de la communauté universitaire. « Mais ensuite, c’est certain que n’importe qui, hors de la communauté, qui veut se déplacer jusqu’ici, est aussi le bienvenu », a-t-elle tout de même précisé.
Comment fonctionne l’épicerie ?
Le concept d’Uni-vrac suit le modèle des épiceries de vrac traditionnelles : on y achète des produits secs en quantité désirés. Iels offrent d’ailleurs une grande variété de produits : graines et céréales, fruits séchés, légumineuses, pâtes alimentaires, gourmandises, breuvages et autres ingrédients de base. Selon William Gagnon, étudiant en Science des aliments et membre fondateur d’Uni-Vrac, ces produits sont offerts à des prix abordables. L’objectif est de faire une meilleure offre tarifaire dans une période où l’insécurité alimentaire est un enjeu, surtout en milieu étudiant.
Pour acheter des produits chez Uni-Vrac, c’est simple. Il suffit de se rendre sur place et consulter la liste de produits en vente ainsi que leurs prix au poids. « Ensuite, [la personne cliente] se déplace vers les balances, pour indiquer aux bénévoles les produits qu’elle veut acheter », explique Darine Ducharme. « On invite les gens à amener leurs propres pots réutilisables. Ça peut être des anciens pots de yogourt, de crème glacée, de margarine », a-t-elle précisé.

Un modèle encore fragile
Pour l’heure, Uni-Vrac reste largement dépendant du financement extérieur. « On a des subventions et des bourses qui sont reçues d’organismes, de l’Université, de plusieurs sources différentes », indique la présidente. « On reçoit aussi du côté des aliments », a-t-elle ajouté, faisant allusion au financement interne, issu des ventes. Selon Darine Ducharme, il s’agit d’une forme d’autofinancement. L’épicerie tire ainsi une partie de ses revenus de la vente de ses produits, souvent acquis grâce au soutien financier des partenaires.
Malgré ces points positifs, des défis restent à relever. D’abord, il y a l’optimisation des recettes financières de l’épicerie. À ce sujet, Darine Ducharme mentionne que certains aliments sont vendus à perte. Toutefois, iels sont compensés par d’autres produits plus ou moins essentiels. L’autre défi concerne l’absence d’un local permanent pouvant abriter ses activités. Pour le moment, Uni-Vrac se contente d’un comptoir à côté du Frigo partage dans la cafétéria du Desjardins. Conséquence : l’initiative est toujours en situation d’itinérance pour le moment.
Par ailleurs, l’équipe est consciente qu’il leur reste encore beaucoup à apprendre afin d’offrir un meilleur service aux usager.es. Ces derniers sont tout de même satisfaits. « Je suis quand même assez impressionné. Ce sont de bons prix. J’ai acheté des mangues séchées et, comme on paie au poids, c’est vraiment moins cher.», confie Vincent Bourret, un client d’Uni-Vrac. Du même avis, Juliette, une étudiante en génie géologique, a aimé la variété de produits disponibles. « C’est vraiment le fun parce que ce ne sont pas des produits que nécessairement tu veux acheter en grande quantité à l’épicerie », a-t-elle témoigné.
Pour l’instant, les horaires d’ouverture ne sont pas fixes. Rendez-vous sur leurs réseaux sociaux pour connaître les heures d’ouverture d’Uni-Vrac.


