La première édition du festival international de poésie de Québec (FIP) s’est tenue la semaine dernière, proposant trois jours d’activités, du 5 au 7 mars, oscillant entre tradition et innovation. Lectures de poèmes, déjeuner poésie et parcours poétique invitait cette année à voyager entre la Maison de la littérature et la Charpente des fauves pour assister à la première programmation du FIP. Impact Campus propose un retour sur la soirée de clôture et la naissance du festival.
par Léann Laquerre, journaliste stagiaire
« Le Mois de la poésie pouvait avoir des invités internationaux, mais ce n’était pas sa vocation, ce qui fait la spécificité de notre festival », fait remarquer Natalie Fontalvo, cofondatrice du FIP. La création de cet évènement naît au Kenya en 2024 dans un festival similaire, alors que Marie Blay et Natalie Fontalvo y assistent. Tout de suite, l’envie de réimaginer la formule internationale de ce festival, à Québec, germe : pas question que les artistes s’expriment en anglais, même si ça occasionne des défis d’accessibilité pour les organisatrices.
« Les traductions sont à vos pieds, un peu partout dans la salle », c’est ce que la guide indique pendant que le groupe d’une vingtaine de personnes s’installe dans la dernière pièce du parcours poétique, le samedi 7 mars. Tous s’assoient en un cercle plus ou moins discernable, sous les douces lumières des guirlandes au centre de la salle, avant que les prestations poétiques débutent dans cet univers intime bercé par les voix de María I. Huenuñir Antihuala, Nathalie Fontalvo et Aurélia Lassaque.
Au fil du parcours, les traductions sont projetées sur un mur ou directement distribuées par les guides lors de la soirée de clôture du FIP, laissant aux visiteur.ices la responsabilité d’appréhender les mots qu’iels entendent comme iels le souhaitent. Avec des poètes du Québec, du Canada, du Chili, de la Catalogne, des Asturies, du Pays Basque, de la Suisse, de la France, de la Belgique, de la Slovénie et de la Palestine, le FIP assure son slogan de l’année: la langue comme lieu de résistance. Défi d’organisation et de planification, ce risque pris par le festival libère la parole au lieu de la cantonner dans un anglais one size for all et assure un renouveau dans le partage poétique immédiat.
Au-delà de son rapport inusité à la langue, le FIP s’est terminé sur une douce note de poésie mouvante de pièce en pièce, toutes plus différentes les unes que les autres. D’abord, dans une immense salle blanche animée par un accompagnement sonore pulsant au rythme des paroles enflammées des poètes, survient ensuite une paisible rencontre où les visiteur.ices pouvaient compléter des vers troués selon leur inspiration, tout en écoutant les poèmes contés par des artistes cantés dans la pièce. Puis, un petit amphithéâtre, où le public se place en opposition italienne à la scène, est inondé par l’ambiance musicale texturée de Flavie Dufour et Marie-Loup Cottinet. L’espace accueille les poèmes sentis d’Aimée Lévesque, Mary Thaler et Mireia Calafell. La composition de ce premier arrêt du parcours poétique collisionne avec l’intimité feutrée de la dernière salle, produisant un contraste tout à l’image de ce nouveau festival éclectique.
Pour sa première édition, le FIP de Québec ouvre le mois de mars avec une proposition culturelle rafraîchissante et positive, colorée et proche de son public. Les organisatrices semblent envisager de relancer l’expérience l’année prochaine, avec autant d’activités poétiques délirantes (et, je l’espère, les mêmes empanadas que celles de samedi soir).


