Le 4 février dernier, à la librairie La Liberté, se tenait une causerie autour du livre Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs de Ruba Ghazal. Paru chez Lux en novembre 2025, le livre aborde l’histoire personnelle de la politicienne, racontant son parcours en tant qu’enfant issue de l’immigration. Elle y partage ses récits et souvenirs d’enfance en espérant montrer le commun de son parcours, représentatif de milliers de personnes immigrantes québécoises.
par Léann Laquerre, journaliste stagiaire
La librairie La Liberté, située sur la route de l’Église, offre plus d’une centaine de rencontres littéraires au cours de l’année. Véritable écosystème culturel, la librairie-café propose un endroit convivial où nous pouvons discuter avec des auteur.ices d’ici. Julie Collin, responsable des événements et de la communication, anime ces causeries et sa fine lecture des œuvres abordées oriente la conversation.
La soirée débute avec une rapide précision pour encadrer les échanges de la soirée: la librairie se positionne comme un endroit apolitique, où l’on invite à respecter la liberté de parole et d’opinions dans la politesse et la bienveillance. Julie Collin présente ensuite l’invitée de la soirée, avec une biographie ouvertement prise de l’essai Avant d’en arriver là : Essai choral sur le péril fasciste (paru chez Écosociété il y a trois semaines, je vous le conseille ! ) et ouvre officiellement la causerie en demandant à Ruba Ghazal sa motivation d’écriture pour son livre.
La frustration constitue un bon point de départ lorsque François Legault, en 2021, déclare que les immigrants, gagnant moins de 56 000$ par année, constituent un problème pour la société québécoise. Souhaitant combattre ce discours autour d’un enjeu la touchant et la tenant à coeur, Ruba Ghazal entreprend son projet d’écriture pour montrer que sa famille est loin de constituer un problème. Elle souhaite aussi partager son amour du Québec, de la langue française et des circonstances ayant nourri son identité québécoise (dont la loi 101). Elle insiste sur une distinction importante : ce n’est pas une biographie de politicienne, mais bien l’histoire de Ruba et sa famille mêlée aux événements politiques de la province.
La conversation se meut au fil des partages d’anecdotes, passant des chocs culturels vécus par sa mère, au profond impact de son professeur de français, M. Gilles, bifurquant sur des recommandations de lecture spontanées au public avant de revenir vers les débuts de son engagement politique au HEC de Montréal.
L’animatrice de la soirée offre le micro au public pour la période de questions. On y aborde la fatigue militante, l’inquiétude générale sur le climat politique global, la question identitaire québécoise ; mais aussi l’anniversaire de vingt ans de Québec Solidaire, le modèle québécois (scolaire et social) tel qu’elle le voit, et l’influence de Zohran Mamdani dans ses propositions politiques. Toutes les questions, les commentaires et les interventions se valent pour Mme Ghazal. Ses réponses ne se déjouent jamais et elle les approfondit à la satisfaction de son interlocuteur.ice.
La soirée se termine avec une séance de dédicace, devenant plus une séance de papotage prolongée, où le public a accès à une bonne partie des œuvres littéraires mentionnées pendant la causerie que les libraires ont rassemblées à leur disposition.


