« Un musulman à la cabane à sucre : un mode d’emploi pour devenir Québécois » (Québec Amérique, 2026) est un récit humoristique de Khalil Guliwala et Florence Morin-Laurin. Avec autodérision, le couple y raconte l’intégration positive de l’auteur d’origine indienne né à Dubaï, ainsi que sa découverte de la culture québécoise, depuis les fêtes traditionnelles jusqu’au poulet au beurre.
par Lorenzo Scarcella, journaliste collaborateur
Le livre est composé de petites nouvelles ; situations drôles de six pages en moyenne, où Khalil et Florence partagent des anecdotes, exposant leur point de vue sur différentes situations du quotidien. À tour, on passe alors du point de vue d’un Indien nouvel arrivant à celui d’une Québécoise ancrée dans les coutumes de son pays. En tant que pratiquant, qui ne se refuse pas à faire quelques entorses aux règles de sa religion, l’Islam prend ainsi une place importante ; c’est de ce point de vue que toutes les histoires sont d’ailleurs nommées (Un musulman et Céline Dion, Un musulman et les fantômes…).
Dans une province avec un fort passé catholique, il débat avec humour de questions parfois indiscrètes qui peuvent lui être posées. Florence apprend de son côté à aimer certaines traditions de son conjoint — comme la négociation — pour rendre fière sa belle famille. Leurs enfants aussi naviguent à travers ce choc culturel en créant leurs propres vérités entre Bible et Coran, Inde et Québec ; ce qui donne, par exemple, un Jésus père du père Noël.
Étant donné que les nouvelles sont courtes, et n’ont pas forcément de rapport les unes avec les autres, je vous déconseille de faire comme moi : lire trop vite. En abordant systématiquement chaque situation selon deux points de vue, toutes les anecdotes ont un point commun qui peut lasser si on parcourt trop de pages d’un coup. Lisez-le par petites doses, quelques histoires par-ci par-là, et vous profiterez au maximum de l’expérience anthologique que ce livre peut vous offrir.
En tout cas, que vous soyez québécois.e ou immigré.e, vous aurez forcément vécu des situations telles que décrites dans le livre. Pour ma part, en tant qu’immigré djiboutien en France et fiancé à une Française, ces histoires parlent de mon quotidien. Le choix que font Florence et Khalil, ainsi que tous les couples de différentes cultures, en acceptant qu’une autre manière de penser ou de procéder puisse faire partie de leur vie, est un réel exemple pour le monde.


