En décembre dernier, Olivier Ouellet apprend par sa compagnie d’assurance que la hotte de son restaurant de la rue St-Joseph n’est pas assez performante afin d’assurer une sécurité au bâtiment qu’il occupe. Il met la clé dans la porte de ses deux établissements, et trois mois plus tard, des adeptes de ses pizzas lancent un mouvement sur Facebook afin de sauver Gemini.

Marie-Claude Savoie    

Gemini Pizza«Je pensais vendre il y a trois semaines », affirme le jeune propriétaire un peu dépassé par les événements. C’est que, depuis quatre jours, Julie Tremblay-Potvin et ses amis ont lancé une campagne de financement pour sauver leur restaurant préféré et c’est déjà presque 16 000$ qui ont été amassés. «Elle a créé une page Facebook pour demander aux gens si ça leur tentait d’acheter deux pizzas pour 50$. La demande était là», explique Olivier Ouellet. Il raconte qu’après les deux premières minutes du lancement de la campagne vers 8h le 21 février sur le site indiegogo.com, 1 000$ étaient déjà recueillis et qu’à 14h, le compte était à 8 000$.

Mouvement social

À peine une semaine après l’ouverture de la page Facebook «Québec aime Pizzeria Gemini », elle regroupe maintenant 1 113 personnes. « Ce qui me surprend, c’est que ça devienne un mouvement social, que tout le monde embarque et se dit qu’on va la sauver la pizzeria ! », lancel’entrepreneur.D’ailleurs,un des artistes exposant à l’intérieur du Gemini St-Joseph, NewJoeCool, a décidé de faire sa part en mettant aux enchères quelques-unes de ses œuvres. Cela permit de recueillir 1 200$.

Questionné sur la motivation des donateurs, Olivier Ouellet pense que cela va au-delà de l’amour qu’ils portent à ses créations culinaires. «Les gens essaient de le sauver [ Gemini ] pour son âme, sa vibe… Ils ne veulent pas le perdre ! » Après une douzaine d’années en restauration, il n’a jamais vu un tel engouement envers un restaurant. « Des dons, c’est assez inusité pour un restaurant ! »

Mais le mouvement « Québec aime Pizzeria Gemini» ne serait rien sans les réseaux sociaux. «90% de ce qu’on fait vient de Facebook. C’est ça qui est trippant. La campagne est partie et après les médias s’en sont intéressés, mais la campagne n’existerait pas si Facebook n’existait pas», affirme le propriétaire qui décrit la plateforme web comme une forme de publicité facile et gratuite.

La «pizz» au bout du tunnel

Pour le moment, le cuisinier est persuadé que la campagne de financement sauvera sa jeune entreprise. Il prévoit avoir accumulé assez de dons d’ici deux semaines. Son objectif: 25 000$. «Le montant de base servirait strictement à faire un dépôt sur une hotte et de m’entendre avec les fournisseurs. C’est beaucoup ce que ça peut engendrer d’être fermé pendant trois mois », soutient Olivier Ouellet, qui offrira les dons en surplus de son relancement d’entreprise à la banque alimentaire de St-Roch.