Chaque année, l’Université Laval verse en moyenne plus de 220 000 $ en bourses d’étude aux étudiants-athlètes évoluant avec l’une des formations sportives de l’université. Les montants versés aux étudiants par le Rouge et Or ne peuvent excéder les frais de scolarité des étudiants, une réglementation qui est en vigueur dans tous les campus universitaires du Québec.

Par Émile Bérubé-Lupien, journaliste multimédia

Les étudiants-athlètes de l’Université Laval jugent-ils les montants qu’ils perçoivent comme étant suffisants ou considèrent-ils qu’il y a encore du travail à faire dans ce domaine ?

Pour Aurélie Dubé-Lavoie, qui étudie au baccalauréat en droit en plus d’évoluer pour les équipes d’athlétisme et de cross-country de l’université depuis quatre ans, les bourses du Rouge et Or sont suffisantes et nécessaires. « Je pense que c’est suffisant, c’est déjà bien qu’il y ait un programme de bourses. Pour ma part, ça a été suffisant et j’ai été très reconnaissante de recevoir ces bourses », explique-t-elle.

« Les bourses nous permettent de nous concentrer totalement sur nos études et sur le sport. Quand tu as juste à penser à tes études et au sport, ça te permet de performer dans les deux. » Aurélie ajoute également que l’université et les étudiants ont tous deux à gagner de cette association : « C’est donnant-donnant aussi, dans le sens où on reçoit des bourses et qu’on amène une certaine visibilité en performant.»

« Chaque cas est unique »

Le directeur-adjoint du programme d’excellence du Rouge et Or, Jean-Noël Corriveau, reconnaît de son côté que le cas de chaque étudiant est unique et que les bourses ne suffisent pas nécessairement à tous. « Pour un étudiant, ça peut avoir bien du sens d’avoir ses frais de scolarité remboursés. Par exemple, s’il reste chez ses parents, pour moi, le besoin est pas le même, avance-t-il. Mais pour l’autre qui vit en appartement, ou qui est venu de la Colombie-Britannique, de la France ou de n’importe où ailleurs, qui a un appartement à payer, qui a des frais, peut-être que la bourse ne va pas être suffisante. »

Pour subvenir à leurs besoins, certains étudiants-athlètes n’ont donc pas le choix de se chercher un emploi.

« C’est sûr que ça demande beaucoup, beaucoup de discipline.On parle d’étudiants qui doivent être à temps plein à l’université, parce que pour faire du sport, il faut que tu sois à temps plein, et pour obtenir tes bourses aussi. Les entraînements demande de la discipline aussi », admet M. Corriveau.

« Si tu ajoutes le travail à ça, ça fait des semaines très chargées pour certains. Mais il y en a plusieurs qui le font. C’est assez fréquent. »

Une conciliation difficile

Laurie Couture-Dallaire, une étudiante à la maîtrise en communication publique et membre de l’équipe féminine de soccer féminin, explique que plusieurs de ses coéquipières n’ont pas le choix d’occuper un emploi étudiant, notamment pour payer leur appartement. Dans cette situation, la conciliation études-sport-travail devient assez éprouvante.

« Nous, on a environ 20 heures de soccer par semaine pendant notre saison. Les filles ont entre quatre et six cours, donc entre 12 et 20 heures de cours. Ça te fait déjà presque 40 heures passées en classe ou au sport. Là-dessus, tu n’as pas mangé, pas dormi, pas étudié », calcule Laurie. Avec le travail, certaines joueuses de son équipe peuvent compiler des semaines de 50 heures, estime-t-elle.

En commençant à étudier en droit, Aurélie a quant à elle décider d’arrêter de travailler, afin d’éviter d’avoir à composer avec des semaines de cette ampleur. Jean-Noël Corriveau insiste cependant sur le fait que, même si certains étudiants-athlètes aimeraient bien voir le montant des bourses augmenter, ces derniers sont strictement réglementés.

L’Université Laval ne peut donc tenter de se distinguer en favorisant ses étudiants. Incidemment, ceux-ci ont également très peu de marge de manoeuvre afin de militer pour des bourses rehaussées. Laurie soutient par contre que certains étudiants peuvent tenter d’obtenir plus de financement en allant directement consulter les offres de leurs programmes.