Québec a un historique sportif riche. Des regrettés Nordiques aux Remparts, des Capitales au Rouge et Or, le coeur de la ville bat au rythme du sport depuis de nombreuses années. Pour cette édition, nous nous sommes intéressés au lien unissant Québec à ses équipes sportives.

Par Émile Bérubé-Lupien, journaliste multimédia

Coup de circuit pour les Capitales

Les Capitales de Québec, qui font partie de la ligue de baseball professionnelle Frontier League, qui était auparavant connue sous le nom de Ligue Can-Am, existent depuis 1999. Le directeur des opérations baseball et des relations médias de l’équipe, Jean Grignon-Francke, souligne qu’une telle longévité dans le baseball professionnel indépendant est très rare, notamment en raison d’un financement difficile à obtenir.

« Ce n’est pas nécessairement des gros marchés qu’on va affronter, on n’est pas nécessairement dans un marché de plusieurs millions d’habitants, ici à Québec. C’est un lien qui perdure et sans le support des partisans année après année, on n’en serait pas à notre 22 e saison. »

Le lien unissant les partisans à leur équipe peut être expliqué de deux façons. Jean Grignon-Francke indique que l’expérience proposée aux spectateurs des matches des Capitales est considérable et pèse beaucoup dans la balance.

D’un autre côté, la formation est aussi très compétitive, comme en font foi ses sept championnats depuis ses débuts. Entre 2009 et 2013, l’équipe a par ailleurs été couronnée championne à chaque saison.

« C’est sûr que d’avoir une équipe championne de baseball professionnelle dans la ville de Québec, pour les partisans, c’est une fierté supplémentaire, affirme M. Grignon-Francke. Si on retourne voir les partisans, même ceux qui n’ont pas vu beaucoup de parties dans les dernières années, ils vont quand même se rappeler que les Capitales sont une équipe gagnante. »

Le directeur des opérations baseball et des relations médias des Capitales tient également à souligner la fierté éprouvée par les quelques joueurs québécois s’alignant avec l’équipe à évoluer pour l’une des deux seules équipes de baseball professionnel de la province (les Aigles de Trois-Rivières ont rejoint la ligue en 2012).

« C’est un niveau qui est très dur à atteindre pour les Québécois qui évoluent, progressent au baseball mineur québécois. C’est clair qu’il y a une fierté qui est très grande chez eux. »

Une place privilégiée pour le sport universitaire

Pour le directeur adjoint du programme d’excellence du Rouge et Or de l’Université Laval, Jean-Noël Corriveau, la population de Québec supporte fidèlement ses équipes sportives. « Les gens répondent aux événements sportifs, ils sont très présents. Ils répondent à l’appel, supportent leurs équipes. Ils aiment le sport. Du côté sportif, on est choyé d’avoir les gens de Québec qui nous supporte beaucoup », soutient-il.

L’amour de la ville pour ses différentes équipes pourrait également faire en sorte que celles-ci soient davantage enclines à s’entraider. « Il n’y a pas de rivalité, au contraire,on aime ça travailler ensemble. À l’automne dernier, on s’est assis avec des gens des Remparts au Centre Vidéotron et on s’est demandé comment on pouvait travailler ensemble. Et ils étaient déjà en contact avec les Capitales  », explique M. Corriveau.

« On essaie de travailler en collaboration et non en opposition. On a l’impression qu’on peut s’aider et qu’on va en sortir gagnant, et se donner de la visibilité. J’annoncerai pas ici un match des Remparts un dimanche après-midi si on a un match de football, et inversement. Mais quand il n’y a pas de conflit d’horaires, on peut faire de la promotion croisée. »

Histoire d’amour en deux temps pour les Remparts

L’équipe de hockey junior de Québec, les Remparts, a connu deux passages dans la ville. Son premier s’est déroulé de 1969 à 1985, alors que l’équipe, victime de la préférence de la population pour les Nordiques, déménage à Longueuil. En 1997, les Harfangs de Beauport sont relocalisés à Québec et adoptent le nom de «  Remparts  », en honneur aux fortifications de la ville.

« Quand les Remparts sont revenus en 1997, [l’intérêt de la population] a recommencé sur une base un peu plus normale, comme c’était une équipe junior. Ça a commencé à grossir pour créer un lien d’appartenance de plus en plus fort auprès de la population, parce qu’il n’y avait plus d’autre équipe de hockey », explique la directrice des services à l’équipe et des relations médias des Remparts, Nicole Bouchard.

Mme Bouchard tient d’ailleurs à souligner l’engagement des Québécois pour leur sport national : « Québec a toujours été reconnue comme une ville de hockey, une ville de partisans fiers de leur équipe. C’est ce qu’on ressent auprès de nos partisans. Ce sont des gens qui sont fiers d’avoir une équipe, fiers d’avoir une représentation auprès de la ligue. »

Une couverture médiatique unique

Selon Jean-Noël Corriveau du Rouge et Or, la ville de Québec se distingue également sur le plan de la médiatisation de ses différentes équipes sportives. « Je le dis souvent, à Québec, on a l’avantage d’avoir une belle couverture de la part des médias. C’est une ville qui est assez grosse pour avoir une masse critique et pas trop grosse pour avoir une belle collaboration avec les médias », souligne-t-il.

Nicole Bouchard abonde dans le même sens et indique que cette situation ajoute à la fierté des joueurs de revêtir l’uniforme de l’équipe.

Les regrettés de Québec

Si nous avons mentionné les principales équipes sportives actuelles de Québec, il ne faut pas oublier que la ville a connu d’autres franchises, qui ont toutes connu leurs lots de succès et d’échecs. Une raison principale lie le départ de ces différentes concessions sportives : un manque de ressources financières.

De 2006 à 2012, une équipe de basketball professionnelle, les Kebs (Kebekwa) de Québec, a successivement évolué pour la American Basketball Association, la Premier Basketball League et la National Basketball League of Canada avant de déménager à Laval. La franchise a depuis cessé ses activités.

Des équipes de soccer masculines et féminines ont également évolué dans la ville sous le nom du Dynamo de Québec avant de devenir inactives en 2020, faute de financement adéquat.

Enfin, nous avons gardé le meilleur pour la fin, les Nordiques de Québec ont évolué au sein de la Ligue Nationale de Hockey de 1979 à 1995, avant de plier bagages vers Denver, afin de devenir l’Avalanche du Colorado et d’y remporter la Coupe Stanley dès sa première année. L’équipe a connu des succès mitigés, se rendant notamment à deux reprises en finale de conférence et en semi-finales de conférence, mais ratant les séries éliminatoires pendant cinq saisons d’affilée, de 1988 à 1992.

Comble de malheur, l’Avalanche du Colorado remporte la Coupe Stanley à sa saison inaugurale, en 1996. Et qui de mieux que l’ancien cerbère du Canadien de Montréal Patrick Roy, ennemi juré des anciens Nordiques et échangé à la formation des Rocheuses au cours de la saison, pour mener l’équipe aux grands honneurs ?