Ah, les printemps au goût de sirop d’érable, le Château Frontenac et la ville fortifiée, du Carnaval au Festival d’été, il faut dire que notre Capitale-Nationale a su se maintenir au goût du jour. Ce mois-ci, l’équipe d’Impact Campus lève le rideau sur la ville de Québec pour dévoiler ses initiatives parfois bonnes, parfois controversées.

Par Léonie Faucher, rédactrice en chef

Pourquoi parler de la ville de Québec ?

Parce qu’on vit ici, mais qu’on ne vient pas tous d’ici. Si j’analyse l’équipe de rédaction autour de moi, force est de constater que peu sont originaires de la ville de Québec ; des Îles de la madeleine, à Rimouski, en passant par Montréal et par Sherbrooke, et même par la France. Sur le campus de l’Université Laval, c’est 14 % des étudiants en 2018 qui venaient d’autres pays, selon les statistiques disponibles sur l’Université Laval en bref. Alors, aborder la ville de Québec permet de partager certains coins populaires pour ceux qui viennent d’ailleurs, mais aussi certains enjeux qui englobent notre lieu de résidence.

Au cœur de la ville de Québec

À l’Est de la ville s’érige le Château Frontenac, emblème de la capitale, Lucie Bédet présente quelques faits divers qui entourent l’édifice en chiffres (page 16). Ensuite, bien que le Château soit l’un des lieux d’attraction principal, William Lapierre traite, à la page 18, de l’aspect touristique de la Capitale de manière plus générale.

À la page 40, Andréi Audet essaie les cafés du centre-ville dans un photoreportage pour trouver ceux qui se démarquent le plus par le goût riche de leur café ou le goût sucré de leurs pâtisseries. D’ailleurs, ne manquez pas l’actualité d’Émilie Pelletier sur le campus de l’Université Laval au cœur de la vie étudiante à la page 9 ; du Show de la rentrée aux bourses environnementales, le campus a bougé depuis janvier.

Aussi, j’ai composé un éditorial sur les changements qui ont eu lieu au sein d’Impact Campus dans la
dernière année avec une réflexion sur la tendance du magazine face à la perte de popularité du journal papier (page 10).

En marge du centre

En s’éloignant du centre-ville, il y a plusieurs pratiques qui sont peu connues, mais qui contribuent à la vie et à la beauté de Québec. C’est le cas des camps de vacances pour les enfants ou les personnes à besoins particuliers qui se verraient en perte sans ceux-ci. Dans mon article à la page 30, je décris les problématiques de l’univers des
camps de vacances selon mon expérience personnelle et selon quelques experts.

Ensuite, Lucie Bédet développe sur la tendance de l’agriculture urbaine qui prend de plus en plus de place dans la Capitale-Nationale avec de nouvelles techniques. Pour bien comprendre les bienfaits sur l’intégration sociale et l’économie, l’article se trouve en page 22.

Les constructions mitigées

Plusieurs projets de développement urbain lancent des débats interminables depuis quelque temps, c’est le cas du fameux troisième lien que Juliette Samson tente de démystifier à la page 54. Autrement, le développement de l’architecture hostile tente de rejoindre le Québec. Ludovic Dufour explique les impacts de celle-ci sur les sans- abris, pour qui un banc de parc ou un abribus accessible pour dormir peuvent être une solution.

L’aspect social

Qu’on se soutienne mutuellement avec des initiatives sociales ou qu’on partage une passion commune, l’esprit de communauté résonne dans la ville, même pour ceux qui viennent de loin. C’est le cas d’Hélène Bernardot, qui lance un appel aux Français qui viennent au Québec ; une lettre tout en humour parsemée de quelques clichés (page 39).

Puis, Lucie Bédet explore le domaine de l’échange de vêtements à Québec, une forme de troc qui permet le recyclage de vêtements que l’on ne veut plus pour l’échanger avec d’autres morceaux, à la page 60.

Ensuite, Émile explique l’engouement des Québécois pour le sport, en passant par les Capitales, les Nordiques, les Remparts et même le Rouge et Or. Si vous voulez connaître la passion des sportifs, feuilletez jusqu’à la page 50.

Finalement, parfois la société se retrouve démunie face à certains évènements, c’est le cas des épidémies qui augmentent la crainte de tous. Jimmy Lajoie-Boucher, à la page 46, traite des grandes épidémies qui ont touché le Québec en parallèle avec le coronavirus.

L’aspect artistique

Que ce soit du Diamant de Robert Lepage au Festival d’été de Québec, les manifestations artistiques sont très présentes dans notre ville. Notre cheffe de pupitre aux arts, Emmy Lapointe, nous offre deux manifestations des arts ce mois-ci. À la page 68, elle interroge Simon Dumas, le fondateur de Rhizome, un organisme culturel qui
célèbre ses 20 ans ce printemps. Également, elle fait une critique sur ce qu’implique le métier de critique à la page 76.

Marc-Antoine Auger nous plonge dans l’univers de Hitchcock en le plaçant en parallèle avec la Grande Noirceur, puisque le Britannique a déjà tourné des films à Québec (page 71).

La création visuelle de Tommy Vachon et de Véronique Michaud figure en page 80 et elle donne envie d’échanger la neige pour du sable fin. Puis, ma création littéraire se trouve en page 82, pour ceux qui ont envie de se réfugier dans la forêt quelques instants.

La naissance du folklore québécois

À l’heure d’aller au lit, les Québécois sortent leurs plus belles histoires pour expliquer des phénomènes étranges qui assombrissent leur entourage. Ces contes ont certes envahi l’imaginaire, laissant des traces dans nos habitudes ; la peur des forêts la nuit, la méfiance des profondeurs des lacs, jusqu’aux légendes urbaines. Les histoires qui ont le plus marqué le folklore québécois sont celles des camps de bûcherons dans les années 1940.

Crédit : Flickr

Bertrand Bergeron, ethnologue, rappelle le contexte propice au développement de la peur : « Il faut dire que lorsque les bucherons s’enfermaient pour six mois dans le bois, ils s’isolaient de la civilisation. Ils devaient se créer une mentalité d’assiégés, parce qu’ils étaient assiégés par la forêt. Imaginez la nuit, ils étaient assiégés par la nuit. On ne sait pas tout ce que recèle la forêt, imaginez quand la nuit s’empare de la forêt et que les bêtes de la nuit se réveillent. On ne les voit pas, on ne fait que les entendre et, comme on ne les voit pas, elles sont présentes partout et nulle part à la fois. »

Une grande partie des légendes du Québec sont nées dans les forêts où les bûcherons passaient des mois. Des cris des loups la nuit sont nés les loups-garous, des hommes qui avaient perdu la foi en ne pratiquant pas le carême dans les camps. De la peur de réprimandes du diable est née la chasse-galerie, pour les bûcherons qui voulaient garder l’espoir de revoir leur famille. De la peur de mourir au beau milieu de la forêt, les gueulards qui hurlent dans la forêt ; si le bûcheron entendait son cri, il savait qu’il allait mourir dans la prochaine année. Raconter la légende, c’est y croire, et quand on y croit, on est d’autant plus convaincant. Il n’était pas rare que l’imagination jouait des tours ; des yeux rouges dans la nuit avec la peur

devenaient le loup-garou de la Pointe-aux-Trembles.