Zohran Mamdani / Photo par Christian Monterrosa

[Chronique] Lettre aux pessimistes

Violences, féminicides, horreurs, droits bâclés, clown orange au lobe frontal atrophié, tout pour nous faire sourire en cette nouvelle année. Je me pose donc cette question : est-il possible d’avoir encore espoir en 2026?

 Par Marie Tremblay, cheffe de pupitre actualité

En 2022, j’écrivais « Plus je vieillis, plus je vois le monde comme un balancier. Une grande valse entre la gauche et la droite, la dictature et la démocratie, la prison et la liberté. J’observe les bouleversements du monde du coin de l’œil pour ne pas voir le pendule qui fonce de l’autre côté. »

Nous nous retrouvons donc en 2026 avec le fascisme, l’homophobie, le sexisme, le racisme et bien d’autres phobe et isme planant au-dessus de nos têtes, un arrière-goût de déjà vu en bouche. C’est ainsi : la mémoire, même collective et documentée, oublie. Ces temps-ci, nous oublions beaucoup de choses, comme l’utilité des vaccins, ou encore la différence entre les faits et les opinions.

Chaque matin, je me réveille dans un monde de plus en plus ébranlé qui n’a rien à voir avec celui que l’on m’avait promis enfant. Maintenant adulte dans la vingtaine, la tempête politique n’est qu’un ajout à toutes les autres sources d’anxiété – la crise climatique, les standards des réseaux sociaux, la peur de l’aliénation par le travail – qui bercent mon quotidien. 

Dans mon livre à moi et plusieurs de mes pairs pessimistes, c’est un avenir vertigineux et incertain qui se dessine. Entre l’IA, la guerre, le premier trillionnaire et les changements climatiques, comment définir une place qui est propre à soi? L’espoir, dans les hauteurs de la démesure, se fait rare. 

 

L’espoir à hauteur humaine

Pourtant, je sais que tout n’est pas si noir. Des gens gentils, empathiques et justes, il y en a plein, ce n’est tout simplement pas ceux qui crient le plus fort. Dans le chaos, il faut donc redoubler d’efforts pour les trouver. 

Je pense notamment à certaines figures de la politique municipale (le provincial et le fédéral en arrachent un peu). Regarder évoluer des personnalités comme Catherine Fournier ou Zohran Mamdani, qui incarnent un vent nouveau en politique, me donne l’impression que beaucoup de choses sont possibles. 

Respectivement mairesse de Longueuil et maire de New York, l’une encourage l’engagement des jeunes en politique municipale en montrant que l’âge n’est pas un frein à la crédibilité, tandis que l’autre, après huit jours en poste, a annoncé un service de garde gratuit et universel. Un projet qu’il a d’ailleurs développé en s’inspirant du Québec

Mais pour moi, l’espoir se trouve dans une dimension encore plus petite, encore plus humaine. Si j’y réfléchis bien, le meilleur remède à mon pessimisme, c’est les autres. Les moments de communion entre êtres humains me permettent de ressentir toute leur force et de me sentir moins seule. Se retrouver les deux pieds dans un concert ou une manifestation, parler avec les personnes âgées dans les vestiaires, se cogner les genoux en dessous d’une table bondée. C’est concret et ça fait du bien. 

 C’est donc la promesse que je me fais pour cette nouvelle session : partir à la recherche de la communauté tous les jours pour ne pas oublier que l’espoir est là. 

P.s. Voici quelques sources qui publient du contenu positif :

https://ici.radio-canada.ca/jeunesse/maj/fil-actualite/1012137/bonnes-nouvelles

https://www.instagram.com/p/DS2tzFiCJE9/

https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2213081/environnement-bonnes-nouvelles-fin-annee-2025-positif-climat

https://unpointcinq.ca/sinspirer/les-bonnes-nouvelles-mai-2025/

Auteur / autrice

Consulter le magazine