L’Encan de l’Objet, dans le cadre de sa 34e édition, a eu lieu le 20 mars dernier, soulignant la créativité des finissant·es de l’École d’architecture de l’Université Laval. Cette année, les étudiant·es comptaient sur Anne Carrier Architectes à la présidence d’honneur. Le thème invitait chacun·e à se questionner autour des gestes posés au quotidien, des ressources matérielles exploitées et des façons de fabriquer, voire de représenter le réel.
par Vivianne Charland, journaliste collaboratrice
La Crise de l’Objet
Économiques, sociales ou environnementales, voire même à échelle individuelle, nombreuses sont les formes que la notion de « crise » peut prendre. Selon le Larousse, celle-ci parle de « rupture d’équilibre », voire de « moment très difficile dans la vie de quelqu’un, d’un groupe ou dans le déroulement d’une activité ». Cette édition de l’Objet s’intéressait ainsi à rendre compte de la manière dont les participant·es perçoivent la réalité en période de crise, et de la capacité de ces derniers et dernières à créer des objets à partir de cette réflexion.
Parmi ceux-ci, on retrouve des lampes, des meubles, des jeux, des tasses et des chaises. Malgré l’apparente simplicité de ces différentes propositions, l’intérêt se manifeste dans la manière dont elles bousculent les attentes. La forme d’une étagère, par exemple, rappelle l’augmentation exubérante et toujours constante des loyers. Les matériaux – tels que le bois, le plastique ou le béton – ont chacun une incarnation symbolique. Une table de chevet (ou un tabouret) en bois insiste sur le rapport entre le temps et la matière. Car rien n’est objet de façon inhérente, et tout ce que nous transformons a déjà été substance ayant constitué le monde.

Remise des prix
La première place a été remise par le jury à Alicia Ménard, Shone Sotthachith, Vincent Rozon et Brandon Duque pour ALUM : « Ambiance ambiancée, lumière tamisée, La flamme fait le taf, la nuit peut commencer. Alu bien posé, plastique qui diffuse, Ça brille sans forcer, flow calme, pas d’excuse. Silence dans la pièce, le feu fait le DJ, Minimal sur la forme, mais l’atmosphère est posée. Ambiance ambiancé, tout est aligné, Design dans l’ombre, esprit bien allumé. »
La deuxième place a été remise à Ludovic de Bluze pour éflexion : « Feuille de laiton, surface lisse et muette, elle ne promet rien d’autre que sa présence. Ni outil, ni image, ni produit fini — seulement matière. Dans la lumière, elle oscille entre l’or et l’ombre, reflétant le monde sans jamais le retenir. Elle porte en elle une ambiguïté : valeur ou banalité, richesse ou simple alliage industriel. »
La troisième place a été remise à Diego-Andrés Moreno-Quesada et Margaux Richer pour discordance. : « Cette table basse explore la crise et l’instabilité. L’objet est un dialogue entre deux éléments bruts: une base en armatures d’acier et une dalle de béton marquée par l’usure du temps et l’imperfection. Ces tiges d’acier entremêlées illustrent la souplesse et la résilience humaine, se soutenant dans un chaos apparent. L’usure du béton affirme une esthétique brute où l’imperfection est pleinement assumée. Cette composition incarne la beauté crue du chaos où l’on retrouve une stabilité chaotique et improbable. Discordance symbolise ainsi la recherche constante d’équilibre à travers le bruit de nos vies. »
Plusieurs distinctions, dont un prix du public et des prix thématiques, ont été décernées à d’autres projets. Voici tous les objets conçus et réalisés dans le cadre de L’Objet 2026.

*Source photos : https://www.objetulaval.com/objets


