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Le mouvement UL des 5 jours pour l’itinérance lançait dimanche la quatrième édition de son événement annuel devant le pavillon Charles-De-Koninck. Jusqu’au 17 mars, ils seront quatre étudiants à dormir à l’extérieur et à se nourrir des dons que la communauté universitaire leur fournira. L’exercice vise à sensibiliser les jeunes adultes à ce qu’est la précarité sociale.

Louis Boucher, Christine Comtois, Léa Larrivée-Hardy et Laura Huet représenteront le blason lavallois cette année. À l’échelle pancanadienne, l’initiative regroupe 22 autres universités qui s’impliquent selon les mêmes standards, qui sont établis au préalable. Chaque division y ajoute toutefois sa propre couleur.

Cette année à l’Université Laval, la campagne de sociofinancement du comité a pour objectif d’amasser 6000 $. Recueillis sur la plateforme GoFundMe, ces fonds seront redistribués en totalité à la Maison Dauphine de Québec, dont la mission est d’offrir aux jeunes de la rue une opportunité de reconstruire un milieu de vie proche de leur vécu et de leurs besoins, afin de s’accepter comme ils sont réellement.

« En ligne, ça va vraiment très bien, avoue le chargé de projet du groupe, Maxime Martins. On en est déjà à près d’un millier de dollars amassés et notre présence ne fait que commencer dans les faits. »

Même s’il demeure généralement le même d’une édition à l’autre, l’objectif de l’organisme évolue dans le temps en fonction de sa situation, selon l’organisateur principal, Mario Alexandre Arce-Moreau.

« Parce qu’on gagne en visibilité et en notoriété, on veut augmenter notre impact financier et notre couverture sur le terrain, explique-t-il. On veut que les gens apprennent à nous connaître et créer une récurrence pour que ça devienne une habitude à l’Université Laval. »

Parler de la cause

Élisabeth Sirois a, quant à elle, déjà participé aux cinq jours l’an dernier et siège maintenant sur le comité organisateur. Elle avoue que l’expérience de l’itinérance se confronte souvent à deux catégories de personnes bien distinctes.

« Il y a des gens qui t’ignorent complètement, même si tu les salue, avance-t-elle. Ça frappe de s’imaginer la réelle situation des gens qui subissent ça partout en ville, dans la rue. À l’inverse toutefois, d’autres sont intrigués. Quand on les approche, ils s’ouvrent et s’intéressent, discutent avec nous et sont enclins à donner. »

Force est d’admettre, selon les trois étudiants, que la nature humaine amène la plupart des passants à se détacher de l’enjeu et des gens qui le représentent. « Il faut qu’on aille les piquer pour qu’ils se sentent touchés, poursuit Maxime. On est là pour montrer que oui, il y a aussi des étudiants qui vivent ça au quotidien. »

Un certain type de personnes estime d’ailleurs que ce projet n’a pas sa place au sein d’une université, selon Mario Alexandre. Celui-ci note toutefois qu’à l’inverse, l’aspect social demeure essentiel pour plusieurs, particulièrement chez ceux ayant été touchés par le fléau de près ou de loin.

« On a tous nos propres dossiers, nos examens et nos devoirs, lance-t-il. On se rend à nos locaux et on quitte, on reste dans nos trucs. Il faut donc arriver à créer ce contact pour discuter avec les étudiants, c’est principalement ici que la game se joue. »

Repenser le dialogue

Bien souvent, indique Élisabeth Sirois, cette forme de rejet social fait très mal aux personnes dans la rue, qui sont aux prises avec l’exclusion chaque jour. « Quand on le vit, ça change beaucoup et on réalise qu’il ne s’agit pas nécessairement de donner financièrement, mais surtout de considérer la personne comme étant entière, de s’arrêter un peu », note-t-elle.

« Ce n’est pas la même chose d’être mal à l’aise que de rejeter la personne dans le besoin, ajoute Maxime. L’un peut se faire sans l’autre. Je crois que cette distance vient du fait que beaucoup de jeunes comme nous n’ont jamais vécu de situations pareilles. Puisque ça semble improbable dans la famille ou l’entourage, on s’en dissocie rapidement. »

De son côté, Mario Alexandre parle d’abord et avant tout d’un manque de compréhension sociale qui crée ce profond sentiment d’incapacité ressenti face aux personnes dans le besoin. « Ce n’est pas que l’on ne veut pas aider, que l’on veut rejeter ou encore renier, mais je crois que c’est surtout qu’on ne comprend pas la personne et sa réalité, dit-il. Nul ne sait alors comment se présenter pour ne pas insulter et être inconfortable. »

Il ajoute enfin que là se situe précisément la mission de son groupe. « Notre but, c’est de faire une préparation. On sait que, sur le campus, personne ne vit réellement dans la rue, mais en allant en société ensuite, ça amène des réflexions, ça crée un bel échange et un degré d’empathie. »

La conférence Combattre les préjugés sur l’itinérance se tiendra d’ailleurs le 15 mars prochain au local 2A du pavillon Charles-De-Koninck. Organisé en collaboration avec Amnistie Internationale ULaval, l’occasion sera belle pour discuter de la problématique en compagnie de plusieurs conférenciers.

Ce qu’ils ont dit

« Je trouve honnêtement que cette année, on a fait un beau travail de promotion. Les gens nous reconnaissent plus. L’an passé, près de 80 % des gens ignoraient le but de notre présence. Notre publicité semble avoir eu un plus grand effet. » -Élisabeth Sirois

« Je pense qu’après, tout au long de l’année, il y a possibilité de continuer d’en parler longtemps par des partenariats avec des organismes œuvrant dans cette même philanthropie de cause sociale. Je pense par exemple à Youman, qui est actif tous les jours de l’année pour passer un message d’ouverture. D’avoir des gens qui parlent de nous comme ça, c’est une belle façon d’assurer un succès à l’organisation. » -Mario Alexandre Arce-Moreau

« Tant que tu ne te sens pas touché, tu rejettes la chose, et c’est pareil pour bien d’autres phénomènes. Sauf qu’en t’ouvrant, tu peux te rendre compte que la personne dans le besoin a déjà été aux études, a déjà travaillé. Tu te rends compte qu’en fait, il est comme toi, sauf qu’il a eu moins de chance. » -Maxime Martins


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