Après que plusieurs associations lui eurent demandé de changer de local en novembre dernier, se plaignant notamment de problèmes de vols, l’exécutif sortant a pris la décision de procéder à un remaniement de ses espaces. Le 10 décembre, la CADEUL a envoyé un courriel à toutes les organisations occupant ses locaux afin de les convier à une rencontre, le 17 décembre, pour leur expliquer la procédure des déménagements à venir. Ce qui lui a été reproché par plusieurs associations : «Est-ce que la semaine d’examens était vraiment le meilleur moment pour tenir une séance de consultation?», se demande Séverine Garnier, présidente d’Entraide universitaire mondiale du Canada, section Université Laval (EUMC-Laval). «On s’est retrouvés au pied du mur par le temps», explique pour sa part Stéphanie Gignac-Lord, vice-présidente sortante à l’interne de la CADEUL. Plusieurs associations n’étaient donc pas présentes lors de cette réunion.

Dans le courriel envoyé aux associations locataires, la représentante de l’exécutif faisait valoir que le processus devait être enclenché le plus tôt possible, en raison de l’avis de 60 jours obligatoire pour effectuer un tel remaniement et des trois mois dont disposait l’exécutif avant la fin de son mandat.

Manque de communication
Dans une lettre cosignée par l’Association étudiante autochtone de l’Université Laval, EUMC-Laval et Les traductions Langulaire, on dénonce le fait que le courriel de convocation envoyé le 10 décembre ne laissait pas présager «l’ampleur de la situation». Sans mentionner une association particulière, il y était signifié que ce ne serait pas toutes les associations ne seraient pas déplacées.

Jean-Philippe Pelchat, président des Traductions Langulaire, déplore de son côté ce qu’il considère comme un manque d’écoute de la part de la CADEUL, après qu’il lui eut écrit une lettre (demandant de prendre certains points en considération). «Je n’ai pas eu de nouvelles à la lettre que j’ai envoyée. La seule réponse que j’ai eue, c’est la lettre qui nous disait que nous allions déménager, dit-il. Nous avons dans notre local des documents qui sont confidentiels et nous devons recevoir des clients.» La compagnie de traduction fondée par des étudiants de l’UL, qui avait auparavant un local à son entière disposition, doit maintenant partager son espace avec le Club animé de Québec.

Même son de cloche à EUMC- Laval, aujourd’hui jumelée avec Voyage Transit, qui a demandé à la CADEUL de partager un local avec d’autres associations à objectifs similaires, fait savoir Séverine Garnier. «Ce qui est décevant, c’est de ne pas avoir été écouté. Nous sommes conscients des enjeux par rapport aux locaux […] Nous avons souvent des réunions qui regroupent beaucoup de monde. En plus, nous faisons des suivis avec des étudiants réfugiés qui viennent faire le point. C’est difficile maintenant d’habiter notre local», explique-t-elle. La CADEUL a proposé aux associations de leur fournir des locaux pour
les réunions.

Déménagement difficile

Le 5 mars, au cours de la semaine de lecture, la CADEUL a envoyé une lettre aux associations concernées, annonçant qu’elles avaient deux semaines pour déménager dans leurs nouveaux locaux. Au cours de cette période, les serrures ont été également changées, ce qui a compliqué bien des choses, au dire de certaines associations. «Du jour où ils ont annoncé tout ça, on a eu deux semaines. Tout le monde s’est mis à déménager et à tasser les autres en entrant dans son nouveau local. La CADEUL aurait dû choisir une journée pour que ça se fasse. Nous devions toujours courir après les nouvelles clés. On est super contents pour notre local, c’est juste que ça a été mal fait», dit Louis-Olivier Pelletier, président de la Ligue universitaire d’improvisation.

Stéphanie Gignac-Lord dit, de son côté, qu’il aurait été difficile de faire le déménagement en une seule journée, et que le changement des serrures était nécessaire. «Nous y avons pensé, mais la problématique était de pouvoir rassembler tout le monde en même temps. Pour les serrures, elles n’avaient pas été changées depuis 1995. On ne savait plus trop qui avait des clés de locaux. Il fallait le faire», explique-t-elle.