Le président de la FEUQ ainsi que celui de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Xavier Lefebvre-Boucher, ont dévoilé conjointement leurs plateformes de revendications dans le cadre de la campagne électorale provinciale, le 9 novembre. M. Paradis, qui se dit «conscient que la situation économique n’est pas drôle», soutient que la solution «passe par l’éducation».

Réformer l’aide financière aux études (AFE) figure au cœur des revendications de la FEUQ. Son président estime que le prochain gouvernement devra s’attaquer en priorité à ce dossier dès la fin des élections. «Il faut s’assurer que quelqu’un qui a la volonté de poursuivre ses études puisse aller au bout de ce qu’il souhaite, peu importe ses ressources», a mentionné M. Paradis à Impact Campus.

La FEUQ souhaite notamment augmenter le montant mensuel
accordé pour les dépenses admises par AFE afin qu’il soit conforme aux dépenses réelles des étudiants. Elle réclame aussi que le montant des dépenses admises soit indexé automatiquement chaque année sur l’indice des prix à la consommation. La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a elle-même reconnu dernièrement qu’il y avait un manque à gagner de 71 M$ dans l’AFE pour la seule période de 2003 à 2007. «Cela est dû à la non-indexation des dépenses admises», a expliqué M. Paradis, ajoutant que le montant de ces dépenses n’avait été indexé qu’à cinq reprises depuis 1994.

Trouver une solution au financement
La FEUQ enjoint également le prochain gouvernement à décréter un moratoire sur le dégel des frais de scolarité adopté par le gouvernement libéral en 2007. M. Paradis soutient que ce moratoire devra survenir le plus tôt possible pour permettre la tenue d’un processus de consultation auprès des acteurs du milieu de l’éducation. La FEUQ souhaite ainsi «développer des solutions novatrices quant au financement des universités».

La FEUQ rejette à ce chapitre l’une des mesures proposées par la ministre de l’Éducation qui vise à doter les conseils d’administration universitaires d’au moins deux tiers de membres externes. «On n’a aucune démonstration de ce que ça apporte», croit le leader étudiant qui ajoute qu’il faut néanmoins s’assurer d’un mécanisme de reddition de comptes.

Rémunérer les stagiaires en enseignement
Pour les étudiants en enseignement, la FEUQ propose dans sa plateforme la rémunération de leur dernier stage. Ce stage à temps plein, qui dure de 10 à 14 semaines, n’offre aucun salaire aux futurs professeurs. La FEUQ demande «une compensation financière équivalant minimalement au taux du salaire minimum en vigueur, ainsi qu’une indemnisation adéquate des frais encourus pour le déplacement et le matériel pédagogique». Peu avant le déclenchement des élections, la ministre Courchesne avait démontré de l’ouverture quant à cette problématique.

La FEUQ propose, dans sa plate-forme, une liste de 34 revendications qui abordent aussi des enjeux concernant les étudiants internationaux, le développement durable, la conciliation études-travail ou encore le marché du travail. «On interpelle les partis sur les préoccupations de nos membres en les invitant à se commettre» sur les questions qui touchent l’éducation, a révélé David Paradis, ajoutant que la FEUQ «s’organise pour que l’éducation prenne sa place» dans la campagne électorale. La Fédération étudiante universitaire du Québec représente plus de 120 000 étudiants de la province.