Mario Dumont a encore une fois tourné son discours sur ce qu’il qualifie

«d’immobilisme en politique québécoise».

Photo: François-xavier Boulanger-nadeau

L’automne va être haut en couleur si on en croit les propos de Mario Dumont, qui avait les allures d’un va-t-en-guerre lors de sa conférence du 16 septembre à l’Université Laval. Deux priorités seront mises de l’avant pour la rentrée:?l’incertitude économique que traverse actuellement le continent nord-américain et le système de santé.

 

«Le gouvernement n’a pas de marge de manœuvre. Ça fait quatorze ans que l’économie roule à fond, mais on n’a pas été capable de se mettre une graine d’économie de côté. Pourquoi? Parce que l’appareil d’État est trop lourd. Ensuite, la santé. Je ne peux pas reprocher aux libéraux de ne pas avoir mis assez d’argent en santé; ils ont tout mis là! Mais les résultats ne suivent pas. Il faut faire un bilan», a-t-il martelé.

L’immobilisme, mère des maux
Mario Dumont déplore la difficulté que de réels débats soient entrepris à l’Assemblée nationale sur les enjeux de la société québécoise. À son avis, la politique québécoise est gangrenée par la stagnation, un trait qui se retrouve chez les deux autres partis traditionnels.

«Les libéraux, c’est l’immobilisme par paresse. Ils parlent de changement dans les cocktails, mais ils ne font rien de concret. Les péquistes, c’est l’immobilisme par idéologie. C’est leur modèle, le Québec d’aujourd’hui. Ils y croient.»

Distribuant ainsi une volée de bois vert à ses adversaires, Mario Dumont mentionnait que la Belle Province fait du surplace en raison de la taille de l’État et l’idéologie de centre-gauche. Selon lui, le centrisme de gauche aurait donné naissance à des politiques qui ont aujourd’hui prouvé leur inefficacité. Mentionnant qu’on «peut avoir du bon sens et du cœur», M. Dumont se défend de manquer de compassion parce qu’il veut, notamment, amener le secteur privé dans le système de santé.

Cesser de prendre par la main

Le député de Rivière-du-loup a parlé à plusieurs reprises de la nécessité de responsabiliser davantage les citoyens. Pour
M. Dumont, «l’État-providence est déresponsabilisant» envers la population, puisqu’il trace à l’avance le chemin à emprunter. Il préconise quant à lui la décentralisation de l’appareil d’État, qu’il a qualifié à plusieurs reprises de trop lourd.

Le chef de l’opposition officielle s’est expliqué sur l’abolition des commissions scolaires. Il considère que les municipalités devraient jouer un plus grand rôle dans les écoles, pour que celles-ci «soient plus connectées à leur milieu». M. Dumont n’a cependant pas mentionné de quelle façon les municipalités s’y prendraient pour gérer cette charge de travail supplémentaire.

Une pluie acide
Malgré son discours ressenti, M. Dumont ne semble pas avoir charmé complètement son auditoire. Un étudiant a ouvert la période de questions en mentionnant qu’il avait bien aimé la conférence, mais qu’il n’y avait trouvé, comme à l’habitude, aucune solution concrète. Un autre, affublé d’une pancarte sur laquelle était inscrit «Je suis adéquisse», a joué la carte de l’ironie en disant qu’il appuyait le dégel des frais de scolarité proposé par le parti auquel il venait d’adhérer.