Le ministre fédéral Lawrence Cannon a versé plus de 4 milliards de dollars au

gouvernement du Québec à quelques jours du déclanchement des élections.

L’Université Laval profitera de cette manne et touchera 37,5 millions de dollars.

PHOTO: François-Xavier Boulanger Nadeau

Rendue officielle au cours d’une conférence de presse à saveur hautement politique, où étaient réunis les ministres fédéraux Lawrence Cannon et Josée Verner, ainsi que les ministres provinciaux Monique Jérome-Forget et Benoît Pelletier, l’aide du fédéral n’est pas passée comme lettre à la poste. Malgré cette pluie de dollars tombant sur la province et sur l’Université, les quatre ténors des gouvernements fédéral et provincial ont eu à répondre à une multitude de questions sur le moment choisi pour rendre publique la part du gâteau que recevra Québec du programme Chantiers Canada. Hasard ou pas, il se trouve qu’une élection partielle dans Jean-Talon sera tenue le 29 septembre prochain, où le siège du ministre de la Santé Yves Bolduc est en jeux. Mais surtout, l’imminence du déclanchement de la campagne électorale fédérale a forcé le ministre Cannon à défendre une aide financière attendue depuis longtemps à l’Université Laval. «Le cynisme, c’est Stéphane Dion qui a prétendu que l’entente (qui inclut la construction du Super PEPS) était de la bouillie pour les chats et c’est aussi le Bloc qui a voté contre», a rétorqué le ministre. «Le gouvernement du Québec nous a fait part de ses priorités et ces priorités faisaient partie de Chantiers Canada», a-t-il continué, lorsque questionné sur la raison d’inclure le financement du Super PEPS dans un programme qui a vu le jour en 2007, alors que le fédéral avait déjà promis l’argent en 2006.

Manœuvre dénoncée
Sur place, le député adéquiste de Vanier, Sylvain Légaré, a vivement dénoncé la lenteur de la machine fédérale et le moment choisi pour finalement concrétiser la participation du fédéral dans le dossier du PEPS:«C’est de la petite politique. L’annonce devait se faire depuis longtemps. On a des dépassements de coûts qui sont très difficiles à justifier. C’est de l’opportunisme politique, mais c’est fait. Qu’on fasse le trou et que l’on construise le Super PEPS. Il ne faut plus faire de la politique comme ça en 2008», a-t-il affirmé.

De son côté, la CADEUL a fait savoir par voix de communiqué, que ses membres étaient «de plus en plus inquiets de l’utilisation que les politiciens peuvent faire des universités, qui doivent demeurer libres et indépendantes».