Rencontrée par Impact Campus au Cercle sur St-Joseph lors du lancement de la campagne électorale de Québec solidaire à Québec, Françoise David a rappelé l’importance d’une éducation accessible à tous. Pour y parvenir, Québec solidaire propose d’augmenter les impôts des plus riches. Madame David précise que selon elle, «ce ne sont pas les plus riches qui sont les plus touchés» par la crise financière, mais que «ce sont souvent les gens de la classe moyenne qui sont les plus atteints».
La porte-parole de Québec solidaire soutient qu’il n’est «pas utile de discriminer les gens qui ont plus d’argent», en leur faisant payer davantage pour les services qu’ils reçoivent, que ce soit, par exemple, pour les places en garderie ou les soins de santé. Elle rejette du même coup que les étudiants qui en ont les moyens paient des frais de scolarité, mais pas les autres. «Nous, on n’embarque pas dans cette
logique-là», mentionne Madame David, ajoutant qu’«en termes de gestion et de frais d’administration, ça devient extrêmement compliqué». «Comme ils obtiennent les mêmes services que les autres, ils devraient payer plus d’impôt», renchérie-t-elle.

Françoise David explique que selon le dernier cadre financier élaboré par son parti, le fait d’augmenter l’impôt des individus qui gagnent plus de 85 000 $ par année de un ou deux points de pourcentage donnerait une marge de manœuvre supplémentaire d’un milliard de dollars par an. Elle précise toutefois qu’un nouveau cadre financier tenant compte de la situation économique actuelle sera dévoilé par Québec solidaire «au cours des prochaines semaines».

«Il faut adopter une attitude d’aide et de soutien envers les jeunes», croit la porte-parole de Québec solidaire, qui considère que la société est trop exigeante, trop sévère à leur endroit. Prônant la gratuité scolaire, Madame David rejète l’idée de faire payer les jeunes qui s’attardent sur les bancs d’école : «Ce n’est pas dramatique [de se rallonger], l’important c’est de terminer son programme.» L’ancienne porte-parole du mouvement féministe et altermondialiste Option citoyenne soutient que «les étudiants qui changent quatre ou cinq fois de programme» sont des cas marginaux, et que Québec solidaire «ne ferait pas de règle pour ça». Le parti dénonce d’ailleurs la «taxe à l’échec» qui a existé dans les cégeps de 1997 à 2001.

Contre le projet de loi 107
Concernant la gouvernance des universités québécoises, Québec solidaire s’oppose vivement au projet de loi 107, déposé le 30 octobre à l’Assemblée nationale par la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne. Le projet de loi 107 prévoit que les conseils d’administration des universités devront être composés au moins aux deux tiers de membres externes, et qu’au moins le quart des membres devront être issus de la communauté universitaire. «Je suis contre. Parce qu’on est dans une entreprise, au privé, on est forcément un meilleur gestionnaire? Je pense que la majorité des gens dans les conseils d’administration doivent demeurer des gens de l’interne», affirme Mme David.
En matière d’éducation, Québec solidaire prévoit aussi diminuer le nombre d’élèves par classe au primaire et surtout au secondaire, ce qui «permettrait aux enseignants de mieux enseigner». Cette mesure implique toutefois une augmentation du personnel enseignant dans les écoles. La candidate dans la circonscription montréalaise de Gouin n’a cependant pas précisé les moyens qu’entend prendre son parti pour y parvenir.

Favoriser l’école publique
Le parti vise également la diminution progressive des subventions provenant du gouvernement aux écoles privées. Madame David «ne comprend pas pourquoi l’État subventionne à 60% des écoles qui sélectionnent leurs élèves et qui ne prennent que les meilleurs». Selon elle, «si des centaines ou même des milliers d’élèves» transfèrent dans les écoles publiques, cela permettra de «mettre les ressources financières dans le secteur public pour satisfaire toutes les couches de la société». Québec solidaire souhaite «apprendre [aux enfants] à vivre ensemble» en se mêlant les uns aux autres.

Concernant les faiblesses du système d’éducation au Québec, Françoise David a dit ne pas faire partie des alarmistes. «On peut se désoler, mais quand on se compare, on se console», a-t-elle mentionné, indiquant qu’«il est possible de terminer le cégep sans endettement, contrairement à la majorité des pays du monde, où c’est impossible». À ses dires, le système scolaire québécois fait assez bonne figure, «ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas l’améliorer».