Yoann Combe, membre de l’exécutif du GGUL et un des principaux organisateurs de cette exposition, est enthousiasmé par le concept choisi. Les photographes, tant hétérosexuels qu’homosexuels, devront présenter une photographie en lien avec la thématique sans toutefois être gratuitement provocante. Cette exposition sera en marge d’une semaine complète où plusieurs autres événements auront lieu.

«Le but est simple : nous voulions attirer l’attention des gens qui n’iront pas aux conférences. Plus on parlera d’homosexualité et plus l’homophobie reculera. On veut confronter les gens, on veut leur faire voir ce qu’ils ne sont pas habitués de voir», exprime Yoann Combe.

Même à l’Université Laval, en 2009, les homosexuels sont encore victimes de préjugés et de harcèlement. Le GGUL, composé de seulement 80 membres, sent une forte réticence sur le terrain, même de la part des homosexuels.

« Les gais de l’Université Laval se sentent très peu concernés; ils ont peur d’avoir une étiquette ou de paraître provocateurs, alors qu’ils ne demandent qu’à vivre leur vie comme les autres. Mais le GGUL se voit beaucoup plus comme un support que comme une petite communauté fermée et inaccessible. Avec cette exposition, on ne veut pas se replier; on veut s’ouvrir», confie M. Combe.

Ce n’est donc pas montrer l’homosexualité seulement pour la montrer; l’association étudiante «veut casser l’image de folle» souvent attachée aux regroupements et aux manifestations homosexuels. Bref, c’est une lutte contre l’intolérance et pour l’acceptation que vise cette exposition.

De l’art à la réalité
Louis-David Bourque, intervenant communautaire pour l’organisme PRISME-Québec, approuve l’initiative du GGUL, mais avoue du même souffle qu’il reste beaucoup de progrès à faire pour changer les
mentalités.

«Il y a eu beaucoup d’avancement, c’est certain. Au Québec, on peut se compter chanceux. Mais on ne veut pas que les homosexuels soient seulement tolérés; on veut qu’ils soient acceptés. Juridiquement, l’acceptation est là avec la possibilité d’union civile. Mais, socialement, ça ne suit pas toujours», fait remarquer M. Bourque.

Cette exposition sera donc une bonne façon d’ouvrir la communauté étudiante à l’homosexualité, qui n’est pas toujours facile à vivre au quotidien. «Il y a beaucoup de personnes qui vivent leur homosexualité dans l’isolement. Les gais ne veulent pas le crier sur les toits, ils veulent juste être à l’aise. Il ne faut pas que les gais craignent d’afficher leur orientation et que ceux qui veulent le dire et le vivre au grand jour puissent le faire sans aucune peur», conclut-il.