Dans les projections présentées mercredi dernier au conseil d’administration de l’UL, un déficit anticipé creuse un écart de
3,3 M$ avec le surplus inscrit dans la proposition de budget du printemps dernier. «On prévoit un léger déficit de 1,9 M$ qui sera compensé par des mesures de l’Université», a confirmé une source bien au fait du dossier, qui requiert l’anonymat. Le surplus au budget de l’Université devait être consacré au remboursement de son déficit accumulé, qui frise les 120 M$.

Ce changement de cap serait causé par les récentes négociations avec le Syndicat des professeurs de l’Université Laval (SPUL), «qui crée un léger écart d’un peu moins de 200 000 $, mais surtout par l’engagement inattendu de personnel surnuméraire», a aussi affirmé cette source. Des revenus de placements inférieurs à ceux budgétés seraient également à l’origine des 3,3 M$ manquants.

Le président du SPUL, John G. Kingma, a toutefois déclaré hier que «s’il y a un écart budgétaire de 200 000 $ dû aux négociations, ce n’est pas ce qui a été dit lors de l’entente avec l’administration. Ils nous ont dit que le cadre budgétaire avait été respecté.»

Tout n’est pas encore joué
L’Université entend prendre les mesures correctives pour corriger le tir et déposer un budget équilibré à la fin de l’année. Il y aura donc, entre autres, un resserrement dans l’engagement de personnel surnuméraire dans les facultés et les services. Toutes les composantes de l’Université devront se serrer la ceinture.

Le vice-recteur exécutif et au développement de l’Université Laval, Éric Bauce, n’a pas voulu confirmer ces informations, sans toutefois les démentir : «Ce que je peux dire, par exemple, c’est que l’objectif de la direction de l’UL, c’est de ne pas faire de déficit. Ce que je peux dire aussi, c’est qu’il y a une tourmente mondiale [dans les marchés financiers] qui a des effets sur tout le monde. Et que nous, on va prendre les mesures pour limiter au maximum les effets qu’il pourrait y avoir sur les finances de notre institution.»

Le vice-recteur souligne également que l’état des finances de l’UL ne sera connu qu’à la fin de l’exercice en cours, qualifiant de «présomptueux» de faire des commentaires en ce moment : «Tout ça c’est des pronostics, on travaille sur des hypothèses. On n’a pas fini l’année. Il y a des fonds qui doivent rentrer. Il y a des plus et des moins, on est dans le prévisionnel présentement.»

Réactions étudiantes
La CADEUL, qui n’avait pas eu vent de ces nouvelles prévisions, s’est montrée compréhensive à l’égard de ce déficit. «On est dans un contexte de crise économique, l’Université n’est pas la seule institution qui va en subir les contrecoups, a déclaré Simon Bérubé, son président. Il ne faudrait pas, par contre, couper dans l’enseignement et la recherche, ni dans les services aux étudiants, qui paient déjà beaucoup, pour atteindre l’équilibre budgétaire.» Il souhaiterait toutefois que l’Université fasse preuve de transparence à ce sujet. «J’aimerais sans doute que l’administration s’explique publiquement là-dessus, surtout s’il s’agit de mauvaise gestion», a-t-il soutenu, alors que les raisons qui sous-tendent un possible déficit restent à préciser. Il n’a pas été possible de joindre l’ÆLIES hier.

L’Université Laval présentait régulièrement des budgets déficitaires jusqu’à l’an dernier, où les finances avaient été équilibrées.