Selon les termes employés par le ministre des Finances, Jim Flaherty, le gouvernement fédéral participera aux projets de construction et de rénovation des infrastructures dans une proportion de 50%. Autrement dit, les gouvernements provinciaux devront fournir l’autre moitié. «Cet argent dans les infrastructures du savoir ne comble pas le manque à gagner dans les transferts fédéraux, dit Simon Bérubé, président de la CADEUL. C’est ce que je trouve le plus dommage. C’est de l’argent qui vient d’un seul coup, ce n’est pas récurrent et on ne règlera pas le problème du sous-financement avec ça. Il y a toujours un manque à gagner de 4G$ dans les transferts du fédéral vers le provincial.» M. Bérubé aurait préféré que l’argent soit simplement transféré au provincial pour que les universités puissent présenter leurs projets au provincial et qu’il y ait un roulement normal sur le plan des infrastructures et du fonctionnement. «Là, ça sera la loterie à qui va recevoir telle subvention du fédéral pour tel projet. Il y a des projets qui sont essentiels, tant à l’Université Laval que dans d’autres universités, qui risquent fort de ne pas recevoir le financement nécessaire», ajoute-t-il.

De son côté, nouvellement nommé sénateur, le conservateur Michel Rivard défend les choix de son gouvernement. Se disant conscient des besoins des universités canadiennes, M. Rivard insiste sur l’urgence provoquée par la crise financière : «Cette fois-ci, on n’a pas été capable de dire oui à tout le monde. Mais c’est un dossier qui reste prioritaire. Dans la vie, il y a des priorités». Pour l’année 2009, l’économie exigeait de passer en premier : «Avec l’argent investidans le budget, on consolide 190 000 emplois au Canada. On a fait des choix difficiles, on n’a pas été aussi généreux que l’on espérait. Il y aura le budget 2010, il y aura le budget 2011.»

Sur son site Internet, la Fédération canadienne des étudiants et des étudiantes énonce de son côté qu’elle s’attendait à plus pour diminuer le taux d’endettement des étudiants canadiens. «Même si la population étudiante s’avère satisfaite des fonds consacrés aux bâtiments de campus, elle s’attendait à un effort marqué pour attaquer la dette étudiante et le chômage parmi les étudiantes et étudiants, soutient Katherine Giroux-Bougard, présidente de la fédération. En comparaison avec ce qui est offert aux universités et collèges des États-Unis, ce budget est franchement décevant.»