Finira-t-on un jour par voir s’élever le tant attendu projet d’agrandissement du PEPS? Les annonces à ce sujet se suivent et se ressemblent. L’argent sera bientôt dans la poste, ont répété les différents paliers de gouvernement impliqués dans le dossier. Du côté de l’administration lavalloise, on désespère d’attendre les premiers billets qui serviront à acheter les outils pour la très solonnelle première pelletée de terre.

En 2005, la direction de l’Université et du PEPS attendait impatiemment cette journée. Même qu’à l’époque, une fois que tous les partenaires avaient confirmé leur participation financière, on s’attendait à recevoir les qualifications canadiennes de natation pour les Jeux de Pékin. Pierre Lafontaine, grand manitou de Natation Canada, avait confirmé à Impact Campus qu’une fois le deuxième bassin construit, la tenue de l’événement à Québec était dans la poche. Pékin n’est plus qu’un souvenir, et les plans de la nouvelle piscine jaunissent sur les tablettes de l’oubli.

Tant et si bien que ce qui devait être un simple projet d’expansion, nécessaire pour l’Université et la ville de Québec, est devenu un enjeu électoral à l’échelle municipale, provinciale et fédérale. Jean Charest, lors de sa dernière campagne, avait promis sa réalisation. Lawrence Cannon, quelques jours avant le déclenchement des dernières élections fédérales, avait convoqué la presse pour confirmer l’enveloppe de 37,5 M$ accordée par son gouvernement pour que les travaux débutent. Monique Jérome-Forget, qui était à ses côtés, en faisait de même. Fort à parier que le sujet sera de nouveau abordé lorsque les prétendants à un siège à l’Assemblée nationale passeront par l’Université Laval.

Bien des promesses et des campagnes électorales plus tard, le recteur Denis Brière montre pour la première fois son inquiétude. C’est que la facture grimpe rapidement. Chaque mois de retard entraîne une hausse des coûts de l’ordre de 350 000 $. On parle aujourd’hui d’une construction de 85 M$, alors qu’il y a peine trois ans, les frais étaient estimés à 70 M$.

L’histoire devient plus compliquée lorsqu’on discute avec l’entourage du ministre fédéral des Transports et des Infrastructures, John Baird. C’est ce ministère qui possède l’enveloppe de tous les désirs lavallois, par le biais du programme Chantiers Canada. L’argent serait disponible. Seul bémol, ce n’est pas de l’argent sonnant. C’est-à-dire que le fédéral remboursera les dépenses «admissibles», jusqu’à concurrence de 37,5 M$. Donc, pas de fonds pour entreprendre la transformation des plans en complexe sportif. Québec dit, de son côté, qu’il ne reste que les modalités à discuter. Quelles modalités? L’argent est supposé être dans le compte de l’Université depuis belle lurette. Seule la ville de Québec semble avoir signé «officiellement» le document qui permettra à l’administration lavalloise de mettre la main sur une dizaine de millions de dollars. Pendant ce temps, Denis Brière ne demande que deux ou trois millions pour entreprendre les travaux. Qui sera le bon samaritain? Parions que nous aurons la réponse pendant la campagne électorale.