Fier de voir aboutir ce dossier qui rapporte son lot d’histoires absurdes depuis des années, le premier ministre Charest a déclaré que l’entente «ouvre une nouvelle voie pour les relations entre les deux peuples». De son côté, le président Sarkozy a insisté sur la cohérence que cette signature apporte aux relations franco-québécoises : «À quoi sert de dire que l’on s’aime […] si cela apporte beaucoup d’amour, mais pas assez de droits?», a-t-il questionné l’Assemblée nationale lors d’un discours qualifié d’historique par les observateurs. Le président de l’Hexagone a également souligné que la France représentait le deuxième partenaire en investissement pour la province, ajoutant ainsi beaucoup de valeur à cette signature, selon ses dires.

Effective en 2009
Malgré l’aspect grandiose de ce nouveau souffle donné à la relation qu’entretient le Québec avec la France, les travailleurs désirant s’installer de l’autre côté de l’Atlantique devront patienter encore plusieurs mois avant de vendre leur demeure et acheter leurs billets d’avions. Ainsi, pour les médecins, les avocats, les pharmaciens et plusieurs autres professionnels, les partis concernés se sont donné le
31 décembre 2009 comme échéancier pour finaliser les termes juridiques de l’entente. Alors qu’au Québec les professionnels sont régis par des ordres, ces mêmes travailleurs relèvent de ministères en France.

Visiblement satisfaite, la ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay, a déclaré que «l’entente aura pour effet de placer les candidats plus rapidement en emploi au lieu de les retourner aux études. Grâce à cette entente, nous comptons réduire de 50% à 80% les délais requis jusqu’à ce jour pour l’obtention du permis d’exercice». Les différentes ententes de reconnaissances ne s’appliqueront que pour les travailleurs ayant terminé leurs études et possédant un permis d’exercice valide émis par la France ou le Québec. Seules les personnes qui exercent une profession ou un métier réglementé sont concernées par ce pacte.

Encore des négociations… et de l’attente
Jusqu’à maintenant, l’Ordre des ingénieurs du Québec et la Commission des titres d’ingénieurs se reconnaissent mutuellement. C’est-à-dire qu’il est déjà possible de s’expatrier pour un ingénieur français ou québécois en possession d’un permis de pratique. Les derniers détails ont été réglés seulement quelques heures avant la cérémonie au Salon rouge de l’Assemblée nationale. «Les derniers jours ont été un marathon de négociations, commente Zaki Ghavitian, président de l’Ordre. C’est compliqué en ce qui concerne les normes juridiques. Ce type d’entente doit répondre aux normes des deux partis», continue-t-il. Son homologue français, Bernard Remaud, de la Commission des titres d’ingénieurs, insiste, quant à lui, sur le travail qui reste à accomplir pour harmoniser les compétences : «Il nous reste encore à travailler sur la reconnaissance des diplômes. Il doit y avoir une intégration entre les universités», commente-t-il.