Dans une lettre adressée aux cinq principales formations politiques, les 18 membres de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec les ont appelé à remettre l’éducation au cœur des préoccupations politiques et sociales. «Ce qu’on recherche, c’est un engagement de la part des chefs de partis de créer un partenariat avec les universités, pour définir des objectifs ambitieux pour l’éducation postsecondaire», explique Daniel Zizian, directeur général de la CRÉPUQ.

Les recteurs ont soulevé cinq axes au sujet desquels les partis sont invités à faire leurs propositions : la diplomation universitaire, l’enseignement et la recherche, l’internationalisation, la gouvernance et le financement. Si le texte ne contient aucune revendication ciblée – excepté une opposition sous-entendue au projet de loi 107 sur la gouvernance des universités, mort au feuilleton – les dirigeants universitaires soulignent toutefois quelques constats alarmants, comme un taux d’accessibilité aux études de 38% au Québec, soit 6,4% plus bas qu’en Ontario.
Les recteurs voudraient entre autres que le Québec retrouve ses anciennes performances en recherche, au regard de son financement. «Il y a eu des efforts très importants dans les années 1980-1990 de la part du gouvernement du Québec. Il y a une corrélation entre ces efforts et la capacité des universités d’aller chercher les fonds subventionnaires fédéraux. Alors qu’auparavant, on allait en chercher près de 30%, on n’en reçoit environ que 25% maintenant», explique M. Zizian.

Le sous-financement global des universités québécoises, qui a été estimé à 375 M $ par rapport aux autres provinces canadiennes en 2002, est aussi au cœur des préoccupations de la CREPUQ. Elle poursuit actuellement des recherches pour mettre ce chiffre à jour. «Les travaux ne sont pas terminés, mais déjà on conclut que ce montant a augmenté», soutient le DG.

«En fait, ce qu’on veut faire remarquer, conclut-il, c’est que l’éducation a déjà été une priorité pour le gouvernement et la population québécoise. On veut un deuxième souffle.»