Plus d’une centaine de personnes se sont présentées afin d’assiter à la conférence du Dr Craig, professeur de recherche en philosophie à la Talbot School of Theology, en Californie. Il est l’auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages dont plusieurs portent sur la question de l’existence de Dieu et la cohérence scientifique de la doctrine chrétienne.

Le Dr Craig a ouvert sa conférence en énonçant pourquoi il est important de s’interroger sur l’existence de Dieu. Sans Dieu, selon lui, la vie n’a pas d’importance ultime et aucun espoir, et il devient impossible d’établir de relation avec lui. « Si les probabilités pour et contre l’existence de Dieu sont égales, il est irrationnel de ne pas croire, et de choisir la mort, la souffrance et la futilité », affirme-t-il.

Le philosophe a ensuite enchaîné en énonçant les raisons d’y croire en cinq arguments, présentés sous la forme de preuves formelles. Quatre de celles-ci s’appuient sur des faits que seule l’existence de Dieu peut, selon lui, expliquer. Mentionnant les faits historiques entourant la vie de Jésus de Nazareth, l’existence de valeurs morales objectives, l’origine de l’univers et l’existence de la vie intelligente, le Dr Craig a accompagné son propos d’un bon nombre de sources. S’appuyant sur les travaux de ses collègues théologiens et même sur des athées notoires comme Nietzche, le conférencier a tenté de démontrer que sans Dieu, ces choses n’auraient pas pu être. Il est impensable, selon lui, que l’univers n’ait jamais eu de commencement. S’appuyant sur le principe que tout ce qui commence a une cause, il affirme donc que l’existence de l’univers doit avoir une cause, en l’occurence un créateur. « Qu’est-ce qui a le plus de sens ? Que les théistes aient raison ou que l’univers soit apparu à partir de rien ? », a-t-il résumé. De même, il exclut la possibilité que l’équilibre précis des conditions nécessaires à l’apparition de la vie intelligente soient le fruit du hasard ou d’une nécessité physique, soutenant plutôt qu’elle sont l’oeuvre d’une intelligence créatrice.

La cinquième raison présentée sortait du cadre de la preuve formelle, reposant plutôt sur l’expérience proprement basique du croyant. Interrogé à ce sujet, le Dr Craig a toutefois discrédité l’utilisation de ce type de raisonnement de la part d’un athée. « Je ne crois pas que l’athée puisse dire que la non-existence de Dieu est une expérience basique », a-t-il répondu. « Je dirais plutôt que l’athée a une absence d’expérience de Dieu. »

Réactions

Les personnes en désaccord avec le propos de William Craig n’ont pas été déçues. Plusieurs questions ont été soulevées par l’assitance, par exemple le point de vue de l’Islam concernant la vie de Jésus, ou la conciliation des hypothèses du Dr Craig avec la théorie de l’évolution. Certains ont remis en question des arguments du conférencier, comme sa façon d’aborder les statistiques, ou son refus de considérer les valeurs morales objectives possibles sans l’existence de Dieu. Illustrant son propos à l’aide de plusieurs phrases chocs, il a fait réagir l’assemblée en affirmant que du point de vue athée, les valeurs objectives n’existent pas. « Du point de vue athée, il n’y a rien de vraiment mal à violer quelqu’un », a-t-il énoncé.

Avis partagés
Les opinions sur l’argumentation de William Craig n’ont pas fait l’unanimité parmi la foule. « Ça ne m’a pas du tout convaincu » déclare Louis-Marc Pagé, étudiant au baccalauréat en études anciennes. « Ses arguments sont facilement contestables. » Steve Simard, candidat à la maîtrise en sociologie, a quant à lui une opinion différente. « C’est très intéressant, très solide, très argumenté. Ça donne le goût de t’insérer dans le débat. Ça ne m’a pas convaincu, mais ça donne une image cohérente d’une croyance », a-t-il commenté.