La France et le Québec entretiennent des relations dans le domaine de l’éducation depuis 1965. Depuis 1984, le CCIFQ s’occupait des questions de coopération universitaire entre les deux entités francophones. Cependant, sa lourde structure administrative, peu flexible aux changements rapides du milieu de la recherche et de l’enseignement universitaire, a rendu nécessaire une révision du mode d’échange universitaire. La concurrence de plus en plus élargie entre les universités aux cycles supérieurs explique également ce renouveau, selon Marc Rolland, sous-directeur des relations internationales au ministère français de l’Enseignement et de la Recherche: «Ces dernières années, la coopération bilatérale franco–québécoise s’est trouvé concurrencée par la diversification des partenariats universitaires vers d’autres zones géographiques.» Maintenant, ce sont les universités qui prennent en charge la coopération en études supérieures et non plus les ministères de l’Éducation.

Ayant commencé les négociations en 2007, les représentants québécois et français ont signé une nouvelle entente, soit la création du CFQCU, lors du passage du premier ministre français, François Fillon, le 4 juillet dernier. Le conseil est composé de 14 membres et divisé en un nombre égal de représentants français et québécois. Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales et responsable de la francophonie, décrit le nouveau conseil comme suit: «Nous créons un secrétariat virtuel qui évite les structures coûteuses, ce qui permettra de mettre plus d’argent dans les programmes. Les échanges entre les universités, ça aide beaucoup. On apprend à connaître les forces de chacune d’elles. C’est plus facile par la suite pour la reconnaissance des diplômes.»

Mobilité professorale et recherche
Deux premiers programmes ont été définis au cours de cette première rencontre tenue à Laval. Dès maintenant, le nouveau CFQCU favorisera la mobilité professorale et les partenariats stratégiques en matière d’enseignement et de recherche. À long terme, le conseil vise à faciliter la reconnaissance des diplômes et la co-tutelle de thèses de doctorats. Malgré son faible budget de 500 000$, comparable à celui de la structure précédente, il favorisera la création de cursus intégrés entre les universités des deux côtés de l’Atlantique. Selon Marc Gontard, co-président du conseil, cette somme devra d’abord servir de levier afin d’influencer les gouvernements et partenaires à investir davantage.

Contrer un certain déséquilibre
Nombreux au premier cycle à traverser l’Atlantique, les universitaires le deviennent moins au deuxième cycle du côté québécois. Alors que plus de 6000 étudiants français poursuivaient leurs études supérieures au Québec l’année dernière, à peine 1000 faisaient le trajet inverse. Bien sûr, «il faut relativiser ce déséquilibre par la population que compte la France et le Québec», exprime Marc Gontard. Ce dernier ajoute: «L’enseignement québécois est de très bonne qualité. Peut-être les étudiants ne ressentent-ils pas le besoin de faire une mobilité vers la France. Il y a aussi le problème de la notation. On a l’habitude en France de noter plus sévèrement. Il faut qu’on harmonise les systèmes de notation pour ne pas désavantager les étudiants qui viennent en France», termine-t-il.