Le premier ministre du Québec, Jean Charest.

Même le premier ministre Jean Charest s’est opposé à la proposition des

jeunes de son parti

Photo: Archives Impact Campus

Tout le monde s’entend pour dire que les universités sont sous-financées. Pour l’instant, la qualité de l’éducation est un miracle si on considère ce manque à combler. Pour poursuivre ce miracle, ça urge, il faut réinvestir», commente la vice-présidente de la Commission jeunesse du Parti Libéral, Mariepier Isabelle.

La proposition des jeunes libéraux de ramener les frais de scolarité à la moyenne canadienne était assortie de l’IPU?: impôt post-universitaire. Celui-ci ferait en sorte que l’étudiant débourserait les mêmes frais de scolarité pour le moment et paierait par un point d’imposition (la balance de la facture), lorsqu’il sera sur le marché
du travail.
«Puisque le diplômé est le premier bénéficiaire de ses années d’université, c’est normal qu’il participe activement au financement. Cette proposition a été faite dans le respect des étudiants et de la société. Le gouvernement ne peut pas tout financer à 100%. Personne n’est contre la gratuité scolaire… Quand on va pouvoir se l’offrir», ajoutait Maripier Isabelle.

Sans appui

Cet argumentaire en laisse cependant plusieurs sceptiques. Simon Bérubé, le Président de la CADEUL, est sans équivoque?: l’augmentation des frais de scolarité n’est clairement pas la solution à adopter.

«Cette proposition est tout à fait inéquitable et irresponsable de la part de l’exécutif de la Commission jeunesse du Parti libéral. Elle crée une société de privilégiés. Les jeunes libéraux invoquent le choc des générations, mais c’est un paradoxe puisqu’ils veulent donner un fardeau plus lourd aux jeunes d’aujourd’hui.»

La CADEUL met quant à elle de l’avant un gel des frais de scolarité en attendant de trouver la clé qui ouvrira la porte pour régler le financement des universités.

La Commission des Jeunes adéquistes, avec Catherine Goyer à sa tête, prône l’indexation annuelle des frais de scolarité au coût de la vie, mais ne soutient en aucun cas l’augmentation proposée par ses vis-à-vis libéraux. Par ailleurs, elle reconnait que l’éducation postsecondaire est sous-fiancée.

«L’entente de l’an passé entre le fédéral et le provincial sur le déséquilibre fiscal aurait pu servir de réinvestissement massif dans le système d’éducation, mais le gouvernement a préféré faire des baisses d’impôt avec l’argent obtenu. La proposition des Jeunes libéraux va limiter l’accès aux universités.»

Le président de PQ-Laval, Jean-Thomas Grantham, joint sa voix à celle de l’exécutif régional jeune de la Capitale-Nationale du même parti pour décrire la proposition comme simpliste. Ils ne croient absolument pas au «?plaster?» proposé par les Jeunes libéraux.

«Il ne faut pas être fort en calcul pour comprendre que la multiplication par trois des frais de scolarité proposée par les jeunes libéraux ne résout en rien le problème du sous-financement du système d’éducation québécois. Il ne fait que diviser d’autant la possibilité pour les étudiants d’accéder à des études supérieures.»

Peut importe cependant leur allégeance politique, tous ces leaders font le même constat?: le système d’éducation doit être redressé par un sérieux coup de barre. Reste maintenant à savoir de quelle façon.