Ayant pour thème «Agir en amont… pour prévenir le suicide», la Semaine de prévention du suicide s’ouvrira au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack avec des conférenciers de renom dont l’athlète Pierre Lavoie et le juge Michael Sheehan. Les trois jours suivants, un atelier de sensibilisation axée sur l’aide à apporter à une personne en détresse s’adressant principalement à la communauté étudiante sera animé par le Centre de prévention du suicide de Québec en collaboration avec le Centre d’orientation et de consultation psychologique (COCP) de l’Université Laval. L’atelier sera présenté successivement aux pavillons Alphonse-Marie-Parent, Desjardins et Pouliot.

Véronique Mimeault, psychologue au COCP et coordonnatrice du Comité de prévention du suicide, souhaite grandement que les activités de la semaine soient mises à contribution et rejoignent le plus de gens possible. Quant à Louise Careau, qui occupe les mêmes fonctions que celles de Mme Mimeault, elle espère que quelques tabous pourront être brisés. Elle ne manque d’ailleurs pas de rappeler que «le nombre de suicides annuellement au Québec équivaut à l’écrasement de trois boeings». Elle souligne cependant que bien que le Québec soit la province canadienne où le taux de suicide est le plus élevé, ces chiffres demeurent comparables à ceux des autres États occidentaux.

De l’intervention à la prévention

Selon Mme Careau, lorsque le Comité de prévention du suicide a vu le jour en 1999 à l’Université Laval, les travailleurs du COPC ont cru qu’il fallait passer de l’intervention à la prévention, autrement dit, agir avant même que les étudiants ne se retrouvent dans les bureaux des psychologues. Après dix années d’existence, le Comité peut aujourd’hui fièrement parler de ses accomplissements concrets que sont, entre autres, l’élaboration d’une procédure de postvention, visant à assurer un soutien et un suivi à l’entourage d’un défunt par suicide, la création du cours «Psychologie du suicide» auquel plus de 120 étudiants s’inscrivent à chaque session et l’implantation d’un réseau de sentinelles sur le campus. Ce réseau de sentinelles vise à développer la capacité chez les membres de la communauté universitaire, de déceler les signes de détresse chez les étudiants, d’évaluer l’urgence de la situation et de référer ces mêmes étudiants vers les bonnes ressources d’aide.

D’après le rapport 2007-2008 du COCP, 923 étudiants du campus ont fait appel aux services d’aide en santé psychologique l’an dernier. Toute personne traversant une crise ou ayant simplement besoin de parler, peut téléphoner en tout temps au 1-866-appelle. Ce numéro l’acheminera automatiquement vers le Centre de prévention du suicide de
leur région.