C’est ce qu’ont confirmé à Impact Campus le doyen de la Faculté de musique, Paul Cadrin, et le directeur du Conservatoire, Carol Lemieux, soulignant toutefois que «rien n’est encore signé».

À l’heure actuelle, les échanges entre les deux institutions de Québec formant des musiciens professionnels se font au cas par cas, selon les besoins de l’une ou l’autre. Par exemple, des étudiants du Conservatoire peuvent étudier la musicologie ou l’eutonie sur le campus et les musiciens lavallois, profiter des professeurs d’instruments peu communs que le Conser-
vatoire emploie.

Une entente permettrait de cesser ces négociations ponctuelles. «Si l’Université veut qu’on échange, nos élèves prendraient des cours chez eux et les leurs, chez nous, explique Carol Lemieux, sans donner plus de détails. […]  Ça ne concerne pas les cours instrumentaux, mais plutôt les cours magistraux. Nos étudiants pourraient suivre des cours d’analyse très avancés, ou des cours d’histoire de l’art.» Le Conservatoire comptant une trentaine d’étudiants aux cycles équivalents au baccalauréat et à la maîtrise, le directeur ne souhaite pas «engager un prof pour un ou deux élèves» afin d’enseigner ces matières.
«Pour l’instant, nous avons des ententes à la pièce, a réitéré M. Cadrin. Nous sommes prêts à prendre des étudiants dans nos cours, dépendant de la taille du groupe et de l’horaire.»

Conservatoires autonomes
Selon le doyen, cette initiative «qui se parle en coulisses» découle du changement de statut des conservatoires. «Les parentés sont maintenant plus étroites entre nos deux programmes», a-t-il avancé.

Auparavant rattaché directement au ministère de la Culture, le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec (qui réunit neuf unités d’enseignement) est devenu une corporation publique autonome en 2007. Constituant maintenant une personne morale, il peut légalement décerner des diplômes universitaires. Pour ce faire, il doit toutefois passer par tout un processus, qui est en cours. La Conférence des recteurs et des principaux du Québec, chargée d’évaluer la qualité des nouveaux programmes universitaires québécois, a déjà donné son avis (confidentiel) sur le programme en composition musicale. Le dossier est maintenant entre les mains des ministres de l’Éducation et de la Culture, selon André Picard, directeur des études au Conservatoire du Québec.