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L’aide médicale à mourir a été officiellement légalisée au Canada, le 17 juin dernier. Un tout nouvel enjeu s’est ainsi créé, particulièrement dans le domaine de la médecine et des sciences infirmières. Impact Campus s’est entretenu avec des étudiants et professeurs de l’UL, afin de comprendre ce qu’implique cette nouvelle réalité dans le cadre de leurs fonctions.    

Il semble essentiellement clair qu’à l’Université Laval, certains cadres théoriques devront s’ajuster et que certains concepts seront revus. Le corps professoral devra faire figure d’ambassadeur vers une médecine évolutive auprès de ses étudiants, qui auront à être préparés à faire face à certains dilemmes moraux.

« C’est clair que l’aide médicale à mourir fera partie des notions que l’on enseignera dès maintenant », explique Yv Bonnier-Vigier, professeur à la Faculté de médecine. Celui-ci estime d’ailleurs que le cours intitulé Médecins, médecines et société, qui traite des questions d’éthique et de droit du milieu de la santé, serait idéal pour interpeler les étudiants sur cet enjeu.

Ils sont également nombreux, sur le campus, à demander l’implantation de formations techniques axées sur l’aide médicale à mourir et de cours tangibles qui s’y penchent globalement. « On devrait offrir des cours spéciaux, puisqu’il y a encore beaucoup de résistance dans ce dossier-là et ça crée beaucoup de débats », poursuit Véronique Dion, professeure de clinique à la Faculté des sciences infirmières. Cette dernière souligne qu’il faut davantage pousser et sensibiliser à la cause, autant en milieu professionnel que scolaire.

Ancien étudiant en sciences infirmières de l’Université Laval, Adam Saint-Pierre est dorénavant responsable d’une équipe d’infirmières à l’Hôtel-Dieu de Québec. Il estime qu’il est très complexe pour son milieu de n’avoir que des informations théoriques à sa portée. « C’est difficile de ne rien avoir de tangible et de ne se baser que sur un dépliant gouvernemental d’une cinquantaine de pages, raisonne-t-il. Ça prend des cours sur le sujet, peut-être un format de trois heures qui explique ce qu’est l’aide médicale, le procédé ».

Un système en profonde mutation

Une bonne partie du corps professoral en santé de l’UL se dit plutôt favorable à l’implantation de la mesure législative C-14. M. Bonnier-Vigier parle d’un pas de plus vers l’indépendance complète des relations patient-médecin. « C’est la reconnaissance de l’autonomie de tous dans un contexte relationnel essentiel à l’existence humaine, raisonne-t-il. C’est une belle évolution et j’ai hâte de voir son influence globale ».

L’an prochain, les lignes directrices changeront pour les infirmières. Tombé le 11 janvier dernier, le nouveau règlement provincial mentionne qu’elles seront en mesure de prescrire plus de médications. Véronique Dion estime que cette loi amènera rapidement les étudiants en sciences infirmières à travailler en centres d’hébergement, en 1e ligne. « Dans ces lieux, des patients en diagnostic terminal pourraient demander l’aide médicale à mourir, ce qui fait qu’assez rapidement, les étudiants pourront y être confrontés ».

Dans ce contexte, Adam Saint-Pierre rappelle que le système de santé devrait laisser plus de place aux corps infirmiers, dont les attributs pourraient être mis en valeur lors des dernières heures de vie d’un patient. « Pour désengorger le système, on devrait avoir beaucoup plus de responsabilités, en commençant sur ce dossier-là, explique-t-il. Ce serait pertinent de voir des infirmiers (ères) administrer la substance, car on a souvent un lien thérapeutique fort et une relation plus développée avec le patient que le médecin ». M. Saint-Pierre rappelle toutefois que l’évaluation médicale rigoureuse de deux médecins différents ainsi que la présence d’un témoin demeurent essentiels. «On peut ainsi éviter tout risque d’erreur et être certain à 100% d’avoir un choix éclairé de la part du patient», souligne-t-il.

Plusieurs praticiens soulignent, quant à eux, l’importance de la prudence à travers cette période de transition actuelle en santé, dont les perceptions fluctueront énormément dans les prochains temps. « Les choses vont évoluer rapidement et les informations vont nous être données autrement plus le temps avance, note Roxanne Pépin, infirmière à l’Hôpital Saint-François d’Assise et elle-aussi ancienne étudiante de l’UL. On doit continuer d’en parler pour que la société soit plus au courant ».

Divergence d’opinions et de valeurs

Aux portes du marché du travail, les étudiants des secteurs hospitaliers font face à un désaccord général. Plusieurs médecins ne s’entendent notamment pas sur l’approche auprès du patient demandant à mourir. « Dans le milieu des soins, je vois déjà que plusieurs sont contents, et d’autres inquiets, avoue Gabrielle Sénécal, étudiante en sciences infirmières. Ça créera une divergence d’opinions au niveau de la manière dont on s’exécute».

Au sein d’un milieu si divisé, la sensibilisation à l’interne semble devenir essentielle à l’uniformisation des pratiques. C’est du moins ce que pensent certaines jeunes infirmières comme Roxanne Pépin, pour qui des professionnels mieux renseignés seraient plus éclairés. « Tous les médecins ont accepté la loi, mais ils sont peu nombreux à être disponibles ou enclins à procédér à l’aide médicale à mourir, poursuit-elle. Je me dis qu’en informant dès l’université, le milieu serait plus ouvert ».

Ayant déjà travaillé en soins palliatifs, Gabrielle Sénécal sait à quoi ressemble l’accompagnement d’un patient vers la mort. L’étudiante note que les oppositions à cette nouvelle pratique témoignent d’une certaine incompréhension. « Les gens qui ne sont pas d’accord ne comprennent peut-être pas tout ce que ça implique, car il faut d’abord voir la situation globale et personnelle de chacun pour déterminer ce qui est le mieux, conclut-elle».

Faits saillants

-En date de juillet 2016, 253 patients québécois avaient déjà demandé l’aide médicale à mourir. 166 d’entre eux l’ont obtenue et 87 se sont vus refuser l’administration.

-C’est dans la région de Lanaudière que les cas sont les plus nombreux chez les patients en fin de vie, atteignant 4,1%. Ce taux n’atteint pour l’instant que 0,7% à Québec.

-16 cas ont été annulés en raison du changement d’avis du patient au Québec, à quelques heures de l’administration.

-Dans la région de Laval et l’ouest de Montréal, 71% des demandes d’administration ont été refusées. C’est le chiffre le plus élevé pour toute la province.

-Toutes les institutions du milieu hospitalier de la province doivent produire un rapport deux fois par année pour y chiffrer les demandes formulées et administrées. Tous ces documents sont publics et disponibles sur Internet.

Source: Radio-Canada, CISSS et CIUSSS

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