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Depuis quelques années, un phénomène inquiétant s’installe dans le quotidien de plusieurs étudiants. Le souci de la performance universitaire pousse certains d’entre eux à consommer des drogues et médicaments aux vertus particulières. Portrait d’une réalité devenue imposante.

Le professeur titulaire au Département de psychiatrie et neurosciences de l’Université Laval, Claude Rouillard, fait état de cette tendance.

Il est difficile aujourd’hui de déterminer combien d’étudiants font usage de ces pratiques afin d’améliorer leurs performances scolaires, alors qu’ils ne nécessitent pas de médicamentation particulière, contrairement à des personnes atteintes de désordre neurologique, comme le trouble de déficit de l’attention (TDA) avec ou sans hyperactivité.

Le type de médicaments dont il est question est de la famille des amphétamines, donc des psychostimulants. Selon l’enseignant, ces médicaments ont pour effet principal de procurer une sensation d’énergie physique et intellectuelle.

Ces médicaments visent, plus spécifiquement, à améliorer la concentration et à retarder la sensation de fatigue. Or, celle-ci est toujours bel et bien présente. En raison de la consommation de ce type de substances, l’effet de la fatigue n’est toutefois plus ressenti par la personne en question durant quelques instants.

Une croyance trompeuse

Le professeur de l’Université Laval insiste sur le fait que ce type de médicaments a des effets notables uniquement sur les personnes atteintes de troubles neurologiques.

« Si on donne ces mêmes médicaments à une personne qui est normale, on voit peu ou pas d’effets. On peut donc se poser la question à savoir si la consommation de ces médicaments peut réellement modifier de manière positive la performance des étudiants », concède M. Rouillard.

La littérature scientifique elle-même ne met pas en évidence que ces médicaments ont une influence notable chez les personnes qui ne sont pas atteintes de troubles neurologiques particuliers. Quant à l’utilisation de ces médicaments-là en termes de performances scolaires, il n’existe pas de preuve évidente d’un lien de cause à effet.

« Oui, ça peut permettre d’étudier plus longtemps et de se concentrer un peu plus, mais qu’est-ce qui arrive à long terme réellement ? », questionne M. Rouillard.

De substitut passager à drogue dure

M. Rouillard s’inquiète des conséquences importantes en raison d’une consommation sur le long terme d’amplificateurs cognitifs ou nootropes, auprès des étudiants universitaires afin d’accentuer leurs capacités cognitives.

L’étudiant qui consomme ce type de substances pour ses cours, en dehors d’une prescription médicale ou d’un suivi particulier, n’a pas accès à un environnement stable pour suivre l’évolution de sa consommation.

Le professeur précise que l’étudiant va avoir tendance à consommer plus, si les effets subjectifs diminuent. En augmentant ces doses, cela peut engendrer des problématiques sévères sur le long terme.

Une béquille psychologique

Dans cette dynamique, M.Rouillard soutient que, si la personne a l’impression que sa performance est améliorée grâce à la consommation de ce type de substances, cela va devenir une béquille psychologique. L’étudiant va donc avoir l’impression que sa performance est augmentée grâce à sa propre consommation de stimulateurs cognitifs.

Au fur et à mesure du temps, l’étudiant en question va avoir peur et pensera qu’il ne peut plus réussir sans consommer préalablement ce type de suppléments.

Cette dynamique tend donc à une consommation plus régulière de la part de la personne. « La tolérance sera intégrée dans le corps de l’étudiant et, à long terme, je ne suis pas sûr que la performance va s’améliorer », réitère-t-il.

Des réalités contraires

L’étudiante en communication publique de l’Université Laval, Sarah Renaud, convient qu’il existe une certaine tendance vers la consommation de stimulateurs cognitifs. Elle estime que celle-ci est d’autant plus importante au sein de programmes ou de départements qui visent une haute performance de la part de leurs étudiants. Force est d’admettre que le souci de performance est un aspect important dans la vie de nombreux étudiants.

Avant même d’être diagnostiquée officiellement TDAH, Sarah consommait du Ritalin, et ce, avec l’autorisation de son médecin. Sans faire un diagnostic précis de sa situation, l’étudiante de deuxième année a eu accès à une dose minimale de ce type de substances afin d’améliorer sa concentration et d’être au mieux de ses capacités scolaires. Après l’obtention de sa documentation médicale, l’étudiante a ainsi pu avoir accès à certains accommodements offerts dans ce type de situation.

Elle remet toutefois en question le diagnostic pour une personne qui se dit atteinte d’un TDA/TDAH. Elle concède qu’il s’agit « d’un processus assez simple ». Selon elle, n’importe qui peut se faire diagnostiquer TDAH.

M. Rouillard souligne également la facilité actuelle pour tous de pouvoir trouver les symptômes des troubles cognitifs sur la toile. Cela engendre notamment un défi supplémentaire pour les médecins dans leur travail quotidien.

Le Centre d’aide aux étudiants de l’UL (CAÉ) comptabilise 985 Lavallois ayant un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité sur 2051 universitaires en situation de handicap en 2016-2017. Il comptabilise le nombre d’étudiants dans cette situation à l’appui de preuves médicales précises.


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