Grève du SEUL, déclin démographique chez les jeunes ou chiffres préliminaires ? De nombreuses raisons sont évoquées pour expliquer la baisse de près de 4% des demandes d’admission pour la session d’automne à l’Université Laval.

Or, selon la direction de l’institution d’enseignement, il n’y a actuellement pas lieu de s’inquiéter, puisque les chiffres finaux ne seront dévoilés qu’à la rentrée 2017.

En date du 21 avril 2017, l’Université Laval avait reçu 36 046 demandes d’admission pour l’automne 2017, comparativement à 37 518 à pareille date l’an dernier. Dans un courriel envoyé à Impact Campus, il est indiqué que ces chiffres sont préliminaires et qu’ils « ne sont pas des indicateurs fiables du nombre réel d’inscriptions ».

En comparaison, les inscriptions pour la session estivale demeurent relativement stables, ce qui laisse croire que « les moyens de pression exercés par le SEUL ne semblent pas avoir eu de conséquences », explique la porte-parole de l’Université Laval, Andrée-Anne Stewart, par voie de communiqué.

Toujours concernant le trimestre estival, la direction a annoncé récemment l’abandon de la participation au programme fédéral linguistique Explore. Cela représente près de 550 étudiants en moins sur le campus ainsi qu’une perte d’emploi pour certains chargés de cours.

La vice-présidente aux communications du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval (SCCCUL), Anne Beauchemin, s’est dite très déçue de cette annonce puisque certains des syndiqués n’enseignaient normalement leurs cours que durant la session d’été.

Les effets de la grève

Nul besoin de rappeler qu’une grève s’étant échelonnée sur six semaines a gravement affecté les relations entre l’Université Laval et ses employés de soutien. Il est donc justifié de se demander si ce conflit de travail a pu faire migrer les futurs étudiants vers d’autres universités.

On assure toutefois, du côté de la direction, que tout a été entrepris afin de minimiser l’impact de cette grève. La baisse des demandes d’inscriptions pour l’automne serait plutôt attribuable à un déclin démographique chez les jeunes.

« Plusieurs universités québécoises ont déjà commencé à observer, au cours des dernières années, l’impact de cette baisse démographique sur les demandes d’admission », a répondu l’université. Autrement dit, tôt ou tard, l’UL savait que cette réalité sociale allait avoir des conséquences sur son campus.

Pour le conseiller syndical du Syndicat des employé(e)s de l’Université Laval (SEUL), Éric-Jan Zubrzycki, il ne fait aucun doute que la grève, sans être le seul facteur, est un élément important pour expliquer les baisses de demandes d’admission à la session automnale.

« Si on prend les conflits à Sherbrooke ou à l’UQAM, il y a eu une correspondance entre les deux de l’ordre de 10% », a-t-il affirmé, soulignant au passage que les baisses de 4% annoncées récemment pourraient être revues à la hausse au cours des prochaines semaines.

Des baisses qui auraient pu être évitées ?

Le SEUL indique que l’administration Brière aurait facilement pu éviter le conflit de travail, ce qui se serait probablement traduit par une stabilité dans les demandes d’admission.

« On avait demandé une reconduction de la convention collective et on aurait pu l’avoir en novembre. Au final, on a simplement maintenu. Ce n’était pas une victoire syndicale dans le sens où on a fait des gains », avoue M. Zubrzycki.

Le conseiller syndical s’est également permis de questionner les raisons évoquées par l’administration sur les raisons des baisses des demandes d’admission. Selon lui, les mêmes chiffres auraient pu être observés dans les autres universités.

Impact Campus a tenté d’obtenir ces chiffres auprès de plusieurs autres établissements. Il a toutefois été impossible de les obtenir malgré de nombreuses tentatives. La principale raison évoquée est qu’il s’agit de chiffres préliminaires qui seront dévoilés et commentés à l’automne seulement, lorsqu’ils seront finaux.

Minime pour les professeurs

Cette baisse aurait bien pu avoir un impact sur le nombre de professeurs employés par l’Université Laval, sauf qu’au contraire, on indique que cela n’aura pas d’impact, à court terme du moins.

« La convention collective prévoit un nombre plancher d’emplois, nonobstant le nombre d’inscriptions », a assuré le vice-président du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval (SPUL), John G. Kingma.

Il conteste toutefois que la direction ne leur transmet pas les chiffres concernant le nombre d’étudiants inscrits. Il admet qu’il a appris lui aussi par les médias la baisse des demandes d’admission. La seule conséquence du côté des professeurs, pour le moment, serait donc une diminution du ratio étudiants par professeur.