L’organisme École en réseau a récemment créé le projet Une bouteille à la mer interstellaire, en collaboration avec Carolyne Bolduc, étudiante à la maîtrise en anthropologie à l’Université Laval. Cette dernière a réalisé une activité-vidéo en direct avec plus de 70 élèves de trois écoles, dans l’optique de faire découvrir la discipline anthropologique. 

Par l’entremise de ce projet, Carolyne Bolduc a eu l’occasion de parler de l’anthropologie et de la notion de culture à plusieurs jeunes élèves de la maternelle à la 6e année. Durant cette toute première activité-vidéo, les Jeux olympiques étaient mis de l’avant, considérant que c’est un événement qui regroupe la majorité les pays du monde.

« J’ai commencé l’activité en leur présentant ce qu’est une culture en leur expliquant que dans le fond, c’est un peu comme une lunette, qui est fabriquée tout au long de sa vie », précise l’étudiante à la maîtrise en anthropologie à l’Université Laval. En effet, depuis leur naissance, chaque individu a appris des codes, des règles, en apprenant à parler et en apprenant à partir des parents, et de l’entourage de chacun. Ces éléments de socialisation correspondent à la culture de chaque individu.

À partir de son bagage anthropologique, Carolyne Bolduc apporte plusieurs notions intéressantes en vue de transmettre aux élèves un bagage rempli de nuances dans leur manière de visualiser autant de petites choses au quotidien concernant la culture de chacun.

Un rôle qui lui est propre

Le rôle de l’anthropologue, elle-même avec sa propre culture et sa propre langue, est d’aborder la culture de l’autre en étant consciente de sa position et du biais qu’elle pose potentiellement , ne pouvant en faire abstraction. Toutefois, cette dernière peut s’intégrer peu à peu auprès de certains groupes afin d’en venir à avoir une image qui est la plus proche de ce que la personne elle-même peut voir à travers de sa lunette.

À titre d’exemple pour les élèves, Carolyne Bolduc utilise le clin d’œil, qui a différentes significations selon la culture de chacun. Selon cette dernière, dans certains cas, il est possible de décoder ce signe, mais dans d’autres cultures, ce même acte peut très bien se définir autrement.

D’ailleurs, à la fin de la toute première activité du genre, deux jeunes filles sont venues en avant de l’écran pour faire un clin d’oeil à Carolyne Bolduc. La professeure de ces deux élèves leur a demandé ce que ça signifiait pour elles. Leur réponse : pour la remercier.

Un projet pour tous

L’activité-vidéo a été enregistrée en vue de donner l’opportunité à d’autres classes des établissements scolaires membres de l’École en réseau d’avoir accès à cette activité sur l’anthropologie, qui met en évidence la culture et la compréhension de celle-ci, aussi vaste qu’elle soit. Deux autres activités du genre auront lieu au cours des mois de mars et d’avril sous deux thématiques particulières « les croyances et les religions » et « les arts ». Il est à noter que la thématique de la première activité était « langue et groupe ethnique ».

L’activité est disponible en lecture différée pour l’ensemble des professeurs faisant partie de la grande famille d’École en réseau. Grâce à ce système, les enseignants et les élèves ont accès à une page en ligne dans laquelle les professeurs peuvent poser des questions aux étudiants afin de poursuivre la discussion, notamment par rapport à la présentation de Carolyne Bolduc. Dans cette optique, l’activité se poursuit davantage avec une discussion et des observations que chacun a pu faire dans leur propre quotidien ou après l’activité proposée.

Un défi différent

« Cela fait plus de 12 ans que je fais de la vulgarisation au musée de la civilisation », soutient l’étudiante à la maîtrise, qui est habituée de parler de sujets divers en s’adaptant à la clientèle à laquelle elle fait face.

Cette nouvelle activité amène toutefois un certain défi à Carolyne, qui ne peut pas avoir de réactions immédiates de la part des élèves, peu importe leur niveau de scolarité. En effet, elle n’est pas en mesure de saisir rapidement et clairement par le biais d’une caméra si les élèves ont bien compris ou non les explications qu’elle leur mentionne.

« Dans l’exercice de la vulgarisation, c’est la technologie que j’ai trouvé difficile », ajoute la principale intéressée. D’une part, la technologie a permis aux 70 élèves de participer à la même activité au même moment dans des espaces distincts et des lieux différents, mais cela représente un défi supplémentaire pour la vulgarisation considérant un retour non immédiat des enfants durant l’activité.