À peine quelques jours après le dévoilement des résultats de l’enquête panquébécoise «Sous ta façade» menée par l’Union étudiante du Québec (UEQ), l’AELIÉS réagissait en mettant sur pied une campagne. Ainsi, l’association qui représente les étudiantes et les étudiants inscrits aux cycles supérieurs demande à l’Université Laval de se doter d’un plan d’encadrement afin d’agir sur l’enjeu de la santé psychologique des universitaires.  

Les résultats de l’enquête montraient en effet que 58% des membres de la communauté universitaire au Québec présentaient un niveau élevé de détresse psychologique et que les étudiants au postdoctorat faisaient partie des plus affectés par cette réalité.

«Les étudiants.es aux cycles supérieurs ne sont pas en reste et sont touchés par le stress lié à la rédaction d’une mémoire ou d’une thèse, explique d’ailleurs l’AELIÉS dans un communiqué. Le stress lié à la rédaction étant identifié comme le prédicateur le plus fort pour expliquer l’épuisement émotionnel».

L’Université Laval avait d’ailleurs annoncé, à la suite de la publication des résultats, qu’elle désirait continuer d’en faire plus pour soutenir ses étudiants et considère la revendication de l’association étudiante.

«La détresse psychologique et l’encadrement des étudiants sont deux thèmes qui préoccupent la direction [de l’Université Lava] tout comme l’AELIÉS. Plusieurs discussions entre eux ont d’ailleurs eu lieu ces derniers mois. La Faculté des études supérieurs et postdoctorales fera une tournée des facultés à la session d’hiver pour présenter l’orientation prise par l’Université Laval pour rendre obligatoire l’utilisation de l’outil du Plan de collaboration dans l’encadrement aux cycles supérieurs. Pour le moment, l’Université prend note de la demande renouvelée de l’AELIÉS.»​

Pour l’action de l’UL

Ainsi, dans sa revendication formulée à l’institution d’enseignement, l’AELIÉS soutient qu’«il est grand temps que l’Université Laval agisse et impose un plan d’encadrement à tous et toutes, et ce, quelle que soit la faculté», peut-on lire.

Concrètement, c’est une entente entre l’étudiant.e et sa direction de recherche qui est réclamée. Dans un mémoire portant sur l’encadrement, il était estimé que 66,6% des étudiantes ayant vécu des «situations inconfortables ou vulnérables avec leur direction de recherche n’avaient pas d’entente d’encadrement explicite».

L’AELIÉS précise que ce sont donc des facteurs comme la fréquence approximative des rencontres, le financement accordé, le type de rédaction qui pourraient préalablement discutés.

L’AELIÉS affirme que «bien que la rectrice de l’Université Laval, Mme Sophie D’Amours, ait signifié son intention d’implanter un plan d’encadrement [contenant] une clause permettant aux deux parties de ne pas signer d’entente s’ils le désirent», la signature d’un plan d’encadrement devrait être «obligatoire».

«Afin de réduire l’anxiété et le stress engendrés par la rédaction d’une thèse ou d’un mémoire, il est crucial qu’une entente soit obligatoirement signée par tous les l’étudiant.es et leur direction de recherche. Aucune exemption ne peut être tolérée», a déclaré Nicolas Pouliot, président de l’AELIÉS.

Crédit photo : Alice Beaubien