« Oser douter » est un collectif spontané créé par des étudiants en anthropologie de l’Université Laval. Né d’une réflexion commune sur le manque d’information général au sein de la population, ils se proposent d’organiser cinq conférences de réflexion citoyenne.

Tout a commencé en mai dernier lorsqu’un groupe de six jeunes étudiants en anthropologie constatent à leur plus grand effroi un manque d’information flagrant des individus. Combiné à l’accroissement de l’individualisation de la société, ils remarquent que beaucoup sont frustrés de ne pas obtenir les bons outils nécessaires à la compréhension des débats publics.

« En fait, on constate vraiment que les gens n’ont pas les outils réflexifs pour comprendre ce qu’il se passe actuellement. On leur impose des discours sans qu’ils aient la possibilité de les contredire avec d’autres », explique François Desjardins, cofondateur du collectif.

Ce projet se met clairement en marge des médias habituels d’information qu’ils considèrent comme redondants, ou ayant pour la plupart la même manière de concevoir la société. Leur but est clair : donner à la population qui souhaite apprendre un regard différent sur les enjeux actuels à travers un regard critique et réflexif.

Pour cela, le collectif invite des conférenciers qui produisent des discours qu’ils qualifient d’« alternatifs », ou en d’autres termes, qui ne passent pas par ces grands médias. Selon François Desjardins, « c’est se questionner autrement que l’on promeut par ces événements, le fait que le citoyen/citoyenne doit pouvoir réfléchir avec les informations qu’on lui donne et non lui proposer un discours déjà fait ».

Une collaboration bénéfique

Si au départ l’étudiant en anthropologie reconnaît qu’ils ne savaient pas comment débuter pour mettre en marche leur projet, très vite l’idée du partenariat a germé. Dès lors, sans compter l’aide de professeurs de l’Université, Oser douter est également en collaboration avec Élan global. Il s’agit d’un collectif déjà connu pour ses idées concernant le climat et dont les protagonistes ne sont rien de tel que Camil Bouchard, Laure Waridel, etc.

Cette collaboration a un double avantage. D’une part, elle leur assure une certaine visibilité et d’autre part, cela fournit un pied-à-terre à Québec pour Élan global et à Montréal pour Oser douter.  Ainsi, plusieurs membres du collectif montréalais seront les invités du collectif lavallois dans les prochaines conférences.

Ce partenariat met également en relief le fait que ce genre de mouvement peut susciter l’intérêt et l’engouement de la population si celui-ci est plus grand. Désormais connecté à un autre mouvement, cela permet de créer une plus grande dynamique et aller de l’avant.

Toutefois, il ne reste que deux conférences à l’horaire d’ici la fin de la programmation. Rappelons qu’il s’agit d’un mouvement spontané : « les gens viennent et partent. C’est la dynamique, dépendamment des disponibilités. Ce que nous voulons surtout c’est que la réflexion continue », confie François Desjardins.

« Ce projet invite les personnes à se regrouper afin  dé réfléchir ensemble », argue-t-il. Un temps particulier est accordé à la discussion, à la réflexion et au débat dans chaque conférence gratuite de deux heures.

La prochaine réflexion citoyenne aura pour thème « Sortir de l’extractivisme ». « Nous sommes un pays économiquement viable que par l’extraction des ressources naturelles », répétait François Desjardins. Alain Deneault, David Murray et Yves-Marie Abraham proposeront ainsi d’en discuter le mercredi 4 novembre prochain à 19h au Musée de la Civilisation.